Trois achats portent le même nom, et c’est de là que viennent les erreurs

« Acheter en PRL » désigne trois opérations qui n’ont aucun rapport juridique entre elles. Tant que vous ne savez pas laquelle vous faites, aucune vérification ne vous protège vraiment : vous appliquez à votre cas des règles qui régissent celui du voisin.

Un vendeur peut vous parler d’une parcelle, d’un emplacement et d’un chalet dans la même phrase, sans mentir. Ce sont pourtant trois contrats, trois régimes de propriété, trois listes de documents. Le tableau ci-dessous est le premier tri à faire, avant même de regarder un prix.

Acheter en PRL sans laisser le coup de cœur décider seul

Critère Une parcelle (parc à cession) Un emplacement (régime hôtelier) L’hébergement seul
Nature Vente immobilière, devant notaire Louage de chose (articles 1709 et suivants du Code civil) Vente d’un bien meuble
Ce que vous détenez Le sol, en pleine propriété Rien : le sol reste à l’exploitant Le chalet ou le mobil-home, pas le terrain sous lui
Charge annuelle Des cotisations à l’association syndicale libre, votées par une assemblée dont vous êtes membre Une redevance d’emplacement, prix contractuel fixé par un professionnel Rien au titre du sol, mais l’entretien de l’hébergement
Voix au chapitre Oui, selon les statuts de l’association Non Sans objet
Financement Crédit immobilier, garantie hypothécaire possible Sans objet Crédit à la consommation ou prêt affecté
Étoiles Impossible Possible, et facultatif Sans objet
Le mot qu’on n’emploie jamais ici : un parc résidentiel de loisirs n’est pas une copropriété. Pas de syndic, pas de conseil syndical, pas de tantièmes, pas de règlement de copropriété, pas de loi du 10 juillet 1965. L’organisation d’un parc à cession repose en pratique sur une association syndicale libre (ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004). Si l’on vous présente un règlement de copropriété, n’en concluez pas qu’il est sans valeur : faites qualifier le montage par le notaire avant de signer.

Une dernière distinction, qui décide de tout le reste. L’hébergement lui-même relève de deux catégories juridiques séparées par un seul critère, la conservation des moyens de mobilité : l’habitation légère de loisirs est une construction démontable ou transportable (article R. 111-37 du Code de l’urbanisme), la résidence mobile de loisirs, dont le mobil-home est la forme courante, est un véhicule terrestre habitable qui conserve ses moyens de mobilité mais que le code de la route interdit de faire circuler (article R. 111-41). Jamais une surface. Notre page HLL en PRL : définition, usages et implications détaille chaque catégorie.


La checklist maîtresse : vingt-quatre points, dans l’ordre du parcours

Celle-ci s’imprime et s’emporte. Elle suit la chronologie réelle d’un achat, de la première annonce lue au rendez-vous de signature, et chaque point renvoie au guide qui le détaille quand il en existe un.

Avant la visite : cinq questions par écrit

Ce que vous demandez avant de vous déplacer

  • Sous quel régime le parc est-il exploité : cession de parcelles, ou location d’emplacements ? La réponse commande tout le reste du dossier.
  • Quelle est la date de création du parc ? Elle est décisive si l’hébergement visé est un mobil-home (voir l’encadré ci-dessous).
  • Quelles sont les références cadastrales de la parcelle ? Elles vous permettent de lire le zonage sur le Géoportail de l’urbanisme et de consulter Géorisques, gratuitement, avant de prendre la route.
  • Le parc est-il classé, et si oui, dans quelle catégorie ? Un domaine qui cède ses parcelles ne peut pas l’être, et la question suffit souvent à révéler le régime réel.
  • Quels documents le vendeur remettra-t-il, et à quelle date ? Une liste écrite vaut mieux qu’une promesse orale, et son refus est en soi une information.
Pourquoi la date de création du parc : l’article R. 111-42, 1° du Code de l’urbanisme réserve l’installation des résidences mobiles de loisirs aux parcs « autres que ceux créés après le 1er octobre 2007 et exploités par cession d’emplacements ou par location d’emplacements d’une durée supérieure à un an ». Les deux conditions sont cumulatives. Créé avant cette date, un parc peut donc accueillir des mobil-homes même s’il vend ses parcelles. Ce qui bloque, c’est la réunion des deux caractères : un domaine à la fois récent et exploité par cession, ou par location de plus d’un an. Voilà la raison technique pour laquelle les domaines récents à cession proposent des chalets.

Pendant la visite : six choses à regarder, dont une à réclamer

Sur place

  • Réclamez l’état des risques. Quand le bien en relève, le vendeur doit vous le remettre lors de la première visite, et l’annonce elle-même doit indiquer comment accéder à cette information (article L. 125-5, I bis du Code de l’environnement). S’il n’existe pas, demandez pourquoi.
  • Mesurez ce que l’hébergement et ses annexes occupent sur l’emplacement. En parc résidentiel de loisirs, cette occupation est limitée à 20 % de la surface de l’emplacement affecté, auvents et terrasses amovibles exclus (article A. 111-9, 3° du Code de l’urbanisme). Le seuil de 30 % que l’on lit souvent est celui des terrains de camping.
  • Distinguez ce qui est amovible de ce qui est scellé. Une terrasse tenue au sol par fixation définitive n’est plus un accessoire de l’hébergement au sens des articles R. 111-39 et R. 111-43.
  • Comparez le plan commercial du domaine avec ce que vous avez sous les yeux : emplacements ajoutés, voie supprimée, parcelle déplacée. Un écart n’est pas une irrégularité, c’est une question à poser.
  • Demandez à consulter le règlement intérieur et, en cession, les statuts de l’association syndicale libre ainsi que le cahier des charges.
  • Interrogez l’exploitant ou le président de l’association sur les travaux déjà votés et les appels de fonds prévus. Ce que vous ne demandez pas maintenant, vous le paierez plus tard.

Deux guides détaillent la visite sur place et les questions à poser à l’exploitant. Ils sont en cours de vérification éditoriale et seront reliés ici dès que ce contrôle sera terminé.

Avant de faire une offre : cinq vérifications de fond

Avant d’écrire un chiffre

  • Faites qualifier l’hébergement : habitation légère de loisirs ou résidence mobile de loisirs ? Le critère est la mobilité, pas la surface, et le mot de l’annonce ne suffit pas.
  • Demandez le certificat de conformité du constructeur à la norme NF S 56-410, dont l’édition en vigueur date de juillet 2026. La preuve incombe aux constructeurs, installateurs ou importateurs (article A. 111-3 du Code de l’urbanisme). N’exigez pas de « marque NF » ni de « NF Habitat » : aucune marque NF ne certifie les mobil-homes, et NF Habitat certifie des logements au sens du bâtiment.
  • En parc à cession, réclamez une attestation d’absence d’impayés délivrée par le président de l’association syndicale libre, datée de moins d’un mois. Les charges impayées sont attachées à la parcelle et vous les reprenez avec elle. Il n’existe ici ni « état daté », ni « fonds de travaux » de la loi ALUR : ces notions appartiennent à la copropriété.
  • Lisez ce que les documents du parc autorisent en matière de location à des tiers, avant de bâtir un calcul dessus.
  • Cadrez le financement selon ce que vous achetez : crédit immobilier pour une parcelle cédée, crédit à la consommation ou prêt affecté pour l’hébergement, qui est un bien meuble.

Entre l’offre et la signature : cinq points qui se règlent chez le notaire

La période où tout se joue encore

  • Faites lire l’acte par le notaire et posez-lui la question de la qualification si l’hébergement est fixé au sol : elle n’est pas tranchée, et elle décide des diagnostics dus.
  • Vérifiez si un délai de rétractation s’applique à votre opération. Dans la plupart des cas de reprise d’un hébergement d’occasion, il n’y en a aucun.
  • Établissez un état des lieux contradictoire, écrit, daté, signé des deux parties, photographies datées à l’appui. Rien ne l’impose ; c’est la protection que vous vous donnez vous-même.
  • Lisez la clause « vendu en l’état » et mesurez ce qu’elle écarte réellement (voir la section suivante).
  • Demandez l’arrêté de permis d’aménager du parc, ses plans annexés et les autorisations modificatives intervenues depuis. Pour un parc résidentiel de loisirs, l’arrêté fixe le nombre maximum d’emplacements (article A. 424-12 du Code de l’urbanisme). Comptez les emplacements sur place et confrontez : un écart appelle une explication documentée, pas un « cela a toujours été comme ça ».

Le jour de la signature : trois contrôles de dernière minute

Avant de signer

  • Vérifiez que l’état des risques est bien annexé à la promesse ou, à défaut de promesse, à l’acte authentique (article L. 125-5, I bis, 1°). S’il manque, le délai de rétractation prévu par l’article L. 271-1 du Code de la construction et de l’habitation ne court qu’à compter du jour où il vous est communiqué.
  • Si vous êtes propriétaire d’une résidence mobile de loisirs et que vous signez un contrat de location d’emplacement à l’année, exigez la notice d’information prévue par l’article D. 333-4 du Code du tourisme. C’est le seul document que la loi impose de remettre avant signature, et il ne concerne que ce cas précis.
  • Repartez avec une copie de tout ce que vous avez signé, annexes comprises. Cela paraît évident. C’est pourtant le premier document qui manque quand un litige commence.

Ce que le droit vous garantit, et ce qu’il ne vous garantit pas

Quatre points reviennent dans presque tous les dossiers, et quatre idées reçues circulent avec eux. Voici ce que disent les textes, à jour au 21 août 2026.

Les diagnostics dépendent de ce que vous achetez

Le dossier de diagnostic technique ne vise que la « vente de tout ou partie d’un immeuble bâti » (article L. 271-4, I du Code de la construction et de l’habitation). Un mobil-home est un bien meuble : aucun diagnostic n’est obligatoire à sa vente, ni performance énergétique, ni amiante, ni plomb, ni gaz, ni électricité. La phrase est exacte, à condition de toujours porter son périmètre.

Dès que vous achetez la parcelle, la réponse change, et elle est conditionnelle. L’état des risques est obligatoire si le terrain est situé dans une zone couverte par un plan de prévention des risques technologiques, miniers ou naturels prescrit ou approuvé, dans une zone de sismicité, dans une zone à potentiel radon, dans une zone exposée au recul du trait de côte, ou s’il est assujetti à des obligations de débroussaillement (article L. 125-5, I du Code de l’environnement). Le texte couvre expressément les immeubles non bâtis : pour un terrain, l’état des risques est annexé à la promesse ou à l’acte authentique. Le certificat d’urbanisme et Géorisques vous permettent de savoir, avant la visite, si votre parcelle en relève.

Reste un cas non tranché : l’habitation légère de loisirs fixée au sol. Aucune décision publiée ne dit si elle entre dans le champ du dossier de diagnostic technique. Nous ne l’affirmerons donc dans aucun sens. Posez la question au notaire avant la signature, pas après.

La rétractation : trois régimes, et un vide

Il n’existe pas de droit de rétractation général en parc résidentiel de loisirs. Trois régimes seulement peuvent jouer, et aucun ne couvre le cas le plus fréquent.

Situation Délai Texte Réserve
Lot de lotissement 10 jours Article L. 442-8 du Code de l’urbanisme, sur promesse consentie après délivrance du permis d’aménager, dans sa rédaction issue de la loi ELAN du 23 novembre 2018 Reste à établir qu’un parc à cession soit un lotissement au sens de l’article L. 442-1 : à faire confirmer par le notaire
Immeuble d’habitation 10 jours Article L. 271-1 du Code de la construction et de l’habitation Ne s’applique pas à un terrain nu (Cour de cassation, 3e chambre civile, 4 février 2016, n° 15-11.140)
Achat hors établissement 14 jours Article L. 221-18 du Code de la consommation, salon et démarchage compris Sous réserve des exclusions des articles L. 221-2 et L. 221-28
Mobil-home d’occasion Aucun Aucun texte n’en ouvre Vente entre particuliers : une fois signé, c’est signé

Un délai de « sept à trente jours pour inspecter » circule sur le sujet. Il n’existe pas. Ce que décrivent ceux qui l’emploient est une condition suspensive négociée au contrat, ce qui est une bonne idée, mais qui ne se confond pas avec un droit. C’est précisément parce que ce vide existe que tout ce qui doit être vérifié doit l’être avant.

« Vendu en l’état » ne fait pas ce que vous croyez

Cette clause circule dans les deux sens sur le marché : les uns y voient une protection totale du vendeur, les autres une clause sans effet. Aucun des deux n’a raison.

Les défauts visibles sont déjà exclus de la garantie par la loi, clause ou pas : « le vendeur n’est pas tenu des vices apparents et dont l’acheteur a pu se convaincre lui-même » (article 1642 du Code civil). Sur ce terrain, la clause n’ajoute rien. Ce qu’elle écarte, c’est la garantie des vices cachés, et elle le fait valablement entre particuliers : l’article 1643 dispose que le vendeur en est tenu « à moins que, dans ce cas, il n’ait stipulé qu’il ne sera obligé à aucune garantie ».

Les deux cas où la clause tombe
  • Le vendeur connaissait le vice et l’a tu. La clause est alors sans effet, et le dol peut aussi être invoqué (article 1137 du Code civil).
  • Le vendeur est un professionnel. La clause est réputée non écrite.
  • Si vous êtes dans l’un de ces deux cas, l’action se prescrit par deux ans à compter de la découverte du vice (article 1648). Depuis un arrêt de chambre mixte du 21 juillet 2023 (n° 20-10.763, 21-15.809, 21-17.789 et 21-19.936), ce délai est un délai de prescription, donc interruptible, plafonné par le délai butoir de vingt ans à compter de la vente (article 2232).

Deux garanties souvent réclamées n’existent pas ici. La garantie décennale, la garantie biennale et la garantie de parfait achèvement supposent un ouvrage : une maison mobile simplement posée n’en est pas un (Cour de cassation, 3e chambre civile, 28 avril 1993, n° 91-14.215). Sur un hébergement neuf acheté à un professionnel, ce dont vous disposez réellement, c’est la garantie légale de conformité de deux ans (article L. 217-3 du Code de la consommation), la garantie des vices cachés, et une garantie commerciale contractuelle dont la durée se lit au contrat.

Les étoiles : pourquoi la plupart des parcs à cession n’en ont pas

Le classement en étoiles est volontaire. L’article L. 333-1 du Code du tourisme est explicite : « s’il souhaite obtenir le classement, l’exploitant doit produire un certificat de visite ». Il est prononcé par Atout France, l’organisme mentionné à l’article L. 141-2, sur certificat d’un organisme évaluateur accrédité. Le préfet n’y intervient pas, sauf pour prononcer la radiation en cas de défaut ou d’insuffisance grave d’entretien des aménagements (article R. 333-6).

Surtout, il est réservé au régime hôtelier. L’article D. 333-5 réserve le classement aux parcs « exclusivement exploités sous régime hôtelier » et consacrés « pour la totalité des parcelles » à la location. Une seule cession suffit à le faire tomber : « en cas de cession d’une parcelle, le parc résidentiel de loisirs ne remplit plus les conditions justifiant son classement », et Atout France abroge la décision.

Ce qu’il faut en retenir

Exiger « un parc quatre étoiles minimum » revient à écarter d’office tout le modèle de la cession de parcelles. L’absence d’étoiles sur un parc à cession n’est ni une anomalie, ni un signal d’alerte : c’est la règle. Jugez la qualité sur les documents, l’entretien et la gouvernance, pas sur une catégorie que ce modèle ne peut pas obtenir.


Tester vos hypothèses locatives avant de signer

Si la location entre dans votre calcul, faites-le avant l’offre et pas après. La question utile à ce stade tient en une ligne : combien de semaines louées faut-il pour couvrir une année de charges ? Vous n’avez besoin que de trois chiffres, et ce sont ceux du parc que vous visitez, pas des moyennes.

Additionnez ce que le bien vous coûtera sur douze mois, cotisation ou redevance comprise, entretien compris. Divisez par le tarif hebdomadaire réellement pratiqué dans ce parc, à la saison où vous comptez louer. Le résultat est votre seuil, en semaines. Comparez-le ensuite à la durée de la saison locale et à ce que les documents du parc autorisent en matière de location. Si le seuil dépasse la moitié de la saison, l’équilibre repose sur une hypothèse d’occupation qu’il faut challenger, pas admettre.

Ce calcul se pilote ensuite dans la durée : voyez notre tableau de suivi de la rentabilité, qui traite l’exploitation une fois l’achat fait.

Pourquoi vous ne trouverez pas de fourchette de prix sur cette page

Il n’existe pas de statistique publique sur les parcs résidentiels de loisirs. L’enquête de fréquentation de l’INSEE sur l’hôtellerie de plein air ne porte que sur les emplacements de passage destinés à une clientèle touristique, et aucune base de données ne centralise les prix de cession, les charges ou les rendements de la filière. Publier une fourchette « moyenne » reviendrait à donner l’autorité d’une statistique à une impression de marché. Les seuls chiffres qui valent pour votre décision sont ceux du parc que vous visitez, écrits, datés et signés par celui qui vous les donne.

Une question sur votre projet ?

Un dossier incomplet se repère mieux à deux. Décrivez-nous votre situation, nous vous mettons en relation avec un professionnel de l’immobilier de loisirs.

Quel guide ouvrir, et à quel moment

À quel moment Votre question Le guide à ouvrir
Avant la visite Comment comparer plusieurs parcs avec les mêmes critères ? Grille d’évaluation d’un parc
Avant l’offre Quels documents réclamer, et à qui ? Les documents à demander avant de signer
Avant l’offre Ce qu’on me dit ne correspond pas aux papiers : comment le vérifier ? Non-conformité et promesses floues
Avant la signature Comment protéger mon achat par un état des lieux ? État des lieux et diagnostics
Après l’achat Que va me coûter l’entretien de l’hébergement ? Entretien d’un mobil-home
Tout au long Quelles sont les étapes complètes d’un achat ? Acheter et vendre en PRL

Si votre projet porte d’abord sur le rendement, commencez plutôt par le pilier Investissement et rentabilité. Si c’est le foncier qui vous occupe, la page Acheter une parcelle en PRL traite les étapes propres à la cession.

Quand suspendre la décision

Une checklist ne décide pas à votre place. Elle sert à savoir quand vous n’avez pas encore de quoi décider.

Suspendez la négociation, sans vous excuser, dans cinq situations. Quand le régime du parc reste flou après deux demandes écrites. Quand un document promis n’arrive pas, ou arrive tronqué. Quand les plans du permis d’aménager ne correspondent pas au terrain et que personne ne sait quelle décision a autorisé l’écart. Quand le vendeur invoque une règle sans pouvoir citer le texte, en particulier sur les diagnostics, la rétractation ou une garantie. Et quand on vous presse : l’urgence est le seul argument commercial qui ne vaut rien dans un dossier qui vous engage pour quinze ans.

Aucune de ces situations n’est rédhibitoire en soi. Toutes appellent la même réponse : une question écrite, et une réponse écrite. Ce qui coûte cher dans ce marché, ce n’est pas de renoncer à un bien. C’est de signer sans savoir ce qu’on signe.

Sources

Textes relus sur le fonds LEGI republié en données ouvertes par la DILA.

Foire aux questions

Pas de règle générale, et le plus souvent aucun délai. Trois régimes existent en droit français et aucun ne couvre le cas le plus fréquent, la reprise d’un mobil-home d’occasion à un particulier : une fois signé, c’est signé.

Les trois régimes sont les suivants. Dix jours sur une promesse portant sur un lot de lotissement, après délivrance du permis d’aménager (article L. 442-8 du Code de l’urbanisme, depuis la loi ELAN du 23 novembre 2018). Dix jours pour l’acquisition d’un immeuble à usage d’habitation (article L. 271-1 du Code de la construction et de l’habitation), qui ne s’applique pas à un terrain nu depuis un arrêt de la troisième chambre civile de la Cour de cassation du 4 février 2016, n° 15-11.140. Quatorze jours pour un achat conclu hors établissement, sur un salon ou après démarchage (article L. 221-18 du Code de la consommation).

Un point reste à faire trancher par votre notaire : savoir si un parc à cession constitue un lotissement au sens de l’article L. 442-1 du Code de l’urbanisme. C’est cette qualification qui décide de l’application du premier régime. Posez-lui la question avant la promesse, pas après.

Le délai de « sept à trente jours pour inspecter » que l’on lit parfois n’existe dans aucun texte. Ce qu’il décrit est une condition suspensive négociée au contrat, ce qui est une bonne pratique, mais qui suppose de l’avoir fait écrire.

La réponse dépend de ce que vous achetez, et c’est la distinction que presque personne ne fait.

Sur l’hébergement seul, non. Un mobil-home est un bien meuble, et le dossier de diagnostic technique ne vise que la « vente de tout ou partie d’un immeuble bâti » (article L. 271-4, I du Code de la construction et de l’habitation). Ni performance énergétique, ni amiante, ni plomb, ni termites, ni gaz, ni électricité ne sont exigibles.

Sur la parcelle, la réponse est conditionnelle. L’état des risques est obligatoire si le terrain est situé dans une zone couverte par un plan de prévention des risques technologiques, miniers ou naturels prescrit ou approuvé, dans une zone de sismicité, dans une zone à potentiel radon, dans une zone exposée au recul du trait de côte, ou s’il est soumis à des obligations de débroussaillement (article L. 125-5, I du Code de l’environnement). Le texte couvre expressément les immeubles non bâtis. Vous pouvez vérifier vous-même si votre parcelle en relève, gratuitement, sur Géorisques.

Deux conséquences pratiques. Quand le bien en relève, le vendeur doit vous remettre l’état des risques dès la première visite, et son annonce doit indiquer comment y accéder. Et s’il n’est pas joint à la promesse, le délai de rétractation de l’article L. 271-1 ne commence à courir qu’au jour où le document vous est communiqué.

Reste un cas que nous ne trancherons pas : l’habitation légère de loisirs fixée au sol. Aucune décision publiée ne dit si elle entre dans le champ du dossier de diagnostic technique. Posez la question au notaire avant de signer.

Elle protège le vendeur de bonne foi, et personne d’autre. Cette clause circule dans les deux sens sur le marché, et les deux lectures courantes sont fausses.

Les défauts visibles sont déjà exclus de la garantie par la loi, clause ou pas : « le vendeur n’est pas tenu des vices apparents et dont l’acheteur a pu se convaincre lui-même » (article 1642 du Code civil). Sur ce terrain, la clause n’ajoute strictement rien.

Ce qu’elle écarte, c’est la garantie des vices cachés, et entre particuliers elle le fait valablement. L’article 1643 dispose que le vendeur en est tenu « à moins que, dans ce cas, il n’ait stipulé qu’il ne sera obligé à aucune garantie ».

Elle tombe dans deux cas. Si le vendeur connaissait le vice et l’a tu, elle est sans effet, et le dol peut également être invoqué (article 1137). Si le vendeur est un professionnel, elle est réputée non écrite. Dans ces deux hypothèses, l’action se prescrit par deux ans à compter de la découverte du vice (article 1648), délai qualifié de délai de prescription par un arrêt de chambre mixte du 21 juillet 2023, et plafonné par le délai butoir de vingt ans à compter de la vente (article 2232).

C’est précisément pour cette raison qu’un état des lieux contradictoire, écrit, daté, photographies à l’appui, vaut mieux qu’une clause négociée à la va-vite.

Non, et sur un parc à cession la question n’a pas de sens. Exiger un nombre minimum d’étoiles revient à écarter d’office tout un modèle d’acquisition.

Le classement est volontaire. L’article L. 333-1 du Code du tourisme le dit sans ambiguïté : « s’il souhaite obtenir le classement, l’exploitant doit produire un certificat de visite ». Un parc non classé n’est donc pas en irrégularité.

Il est prononcé par Atout France, sur certificat de visite d’un organisme évaluateur accrédité, et non par le préfet. Celui-ci n’intervient que pour prononcer la radiation, et pour un motif limitatif, le défaut ou l’insuffisance grave d’entretien des aménagements (article R. 333-6).

Surtout, il est réservé au régime hôtelier. L’article D. 333-5 réserve le classement aux parcs « exclusivement exploités sous régime hôtelier », consacrés « pour la totalité des parcelles » à la location. Une seule cession suffit à le faire tomber : le parc « ne remplit plus les conditions justifiant son classement », et Atout France abroge la décision.

Sur un parc à cession, jugez donc la qualité sur ce qui est vérifiable : les documents, l’état des équipements communs, la gouvernance de l’association syndicale libre et la clarté des comptes.

Vous les reprenez avec la parcelle. C’est l’un des points à plus fort enjeu financier d’un achat en parc à cession, et l’un des moins souvent expliqués.

Dans une association syndicale libre, les droits et obligations attachés aux immeubles compris dans le périmètre de l’association suivent ces immeubles, en quelque main qu’ils passent (ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004). Un arriéré de cotisations n’est pas une dette personnelle du vendeur que vous laisseriez derrière vous : il est attaché au lot.

La parade tient en un document. Réclamez au président de l’association syndicale libre une attestation d’absence d’impayés datée de moins d’un mois, et faites-la annexer à l’acte. Si le vendeur ou le président se dérobent, considérez que la réponse est donnée.

Attention au vocabulaire employé par certains intermédiaires. Un parc résidentiel de loisirs n’est pas une copropriété : il n’existe ici ni « état daté », ni « fonds de travaux » de la loi ALUR, ni syndic. Ces notions appartiennent à la loi du 10 juillet 1965, qui ne s’applique pas. Si l’on vous présente malgré tout un règlement de copropriété, n’en concluez pas qu’il est sans valeur : faites qualifier le montage par le notaire avant de signer.