Sept sociétés, deux groupes, et un seul document qui mesure ce marché

Vous cherchez à comparer les fabricants, et la première chose qu’on vous montre est une liste de marques. IRM, O’Hara, Louisiane, Rideau, Rapidhome, Résidences Trigano, Nautilhome. La liste est exacte, et elle ne vous apprend presque rien : elle ne dit ni qui détient qui, ni lesquelles de ces sociétés pèsent réellement, ni laquelle signera votre bon de commande.

Un mot sur ce que vous ne trouverez pas ici. Si vous êtes venu chercher un comparatif modèle par modèle, cette page ne le fait pas, et la méthode de sélection est traitée sur notre page consacrée au choix d’un fabricant. Ce que vous trouverez ici est ce qu’aucun comparatif ne donne : qui détient qui, combien pèse chacun, et ce que cela change quand vous signez.

Deux faits, tous deux publics et tous deux datés de l’automne 2024, ont changé la carte de ce marché. Beaucoup de pages ne les ont pas enregistrés.

Un marché français concentré
À retenir
  • Le marché s’est concentré le 30 novembre 2024 : IRM, O’Hara et Coco Sweet ont rejoint le groupe qui possédait déjà Résidences Trigano.
  • Le seul chiffrage public que nous ayons trouvé de ce marché vient d’un dossier de concurrence : la décision de l’Autorité de la concurrence du 29 octobre 2024 qui a autorisé l’opération.
  • Elle situe la nouvelle entité entre 50 et 60 % du marché français du mobil-home, sur des données de 2023.
  • Le pôle qui rassemble Louisiane et Chalets Fabre appartient à un groupe dont le premier métier est la literie.
  • Le code d’activité d’un fabricant situe son métier d’origine. Il ne dit pas ce qui sort de l’usine, et notre tableau en donne deux contre-exemples.

Le seul chiffrage public de ce marché vient d’un contrôle de concentration

Pour autoriser un rachat, l’Autorité de la concurrence doit délimiter le marché concerné et mesurer qui y pèse quoi. Elle publie ensuite sa décision. C’est ainsi que le marché français du mobil-home s’est retrouvé chiffré, non par une statistique publique, mais par un dossier d’instruction.

La décision n° 24-DCC-229 du 29 octobre 2024 autorise l’acquisition par Trigano de l’intégralité du capital de Bio Habitat. Elle distingue deux marchés nationaux, celui des mobil-homes et celui des habitations légères de loisirs, et elle publie pour le premier un tableau de parts de marché portant sur 2023. Le total du marché y est arrêté à 23 972 unités.

Opérateur Part du marché français du mobil-home en 2023
Bio Habitat[40-50] %
Trigano[10-20] %
Rideau[10-20] %
Rapidhome[10-20] %
Sunshine[10-20] %
Autres1,4 %
Nouvelle entité[50-60] %

Les crochets ne sont pas de nous. L’Autorité publie ces parts en fourchettes pour protéger le secret des affaires : les valeurs exactes ne sont pas rendues publiques. Trois opérateurs se retrouvent ainsi dans la même fourchette de 10 à 20 %, sans qu’on puisse les départager.

La ligne « autres » a des noms, et la décision les donne : elle cite Samibois, Cistébois, Breizh mobil homes et Nautilhome parmi les acteurs « commercialisant un nombre plus limité de mobil homes ». 1,4 % du marché, c’est tout ce que pèsent ensemble les fabricants dont vous n’avez jamais entendu parler, et c’est une information en soi sur la concentration de ce secteur.

Quatre limites, avant d’utiliser ce tableau. C’est une photographie prise pour les besoins d’un dossier, à une date donnée, et non une série que quelqu’un mettra à jour l’an prochain. Elle porte sur les mobil-homes seuls, pas sur les chalets ni sur les habitations légères. Elle mesure des unités mises sur le marché, pas des prix de vente au public ni des parcelles. Et elle décrit la situation avant l’opération, la ligne « nouvelle entité » étant l’addition que l’Autorité examinait.

Qui détient qui, depuis le 30 novembre 2024

Le Groupe Beneteau a cédé son activité Habitat à Trigano. L’opération a été définitivement conclue le 30 novembre 2024 et annoncée par un communiqué du 3 décembre. Le périmètre cédé est celui de la filiale Bio Habitat et de ses trois marques, O’Hara, IRM et Coco Sweet. Le cédant y chiffre l’effectif et le chiffre d’affaires de la division cédée, France et Italie confondues : ces valeurs figurent dans notre bloc Sources avec leur périmètre, et elles ne mesurent ni le marché français ni le marché du parc résidentiel de loisirs.

Le pôle Trigano

Trigano est enregistrée à Paris sous le numéro SIREN 722 049 459. Ce numéro à neuf chiffres identifie une société au répertoire des entreprises ; il est public et gratuit, et c’est lui qui vous permettra de refaire une à une les vérifications de cette page. Trigano réunit désormais deux constructeurs distincts : Bio Habitat, SIREN 511 239 915, dont le siège est à La Chaize-le-Vicomte en Vendée, et Résidences Trigano, SIREN 378 738 041, immatriculée en 1990 et domiciliée à Paris.

Le pôle Finadorm

Le second ensemble est moins connu, et sa composition surprend. Finadorm, SIREN 421 227 018, est une holding parisienne immatriculée en 1998, c’est-à-dire une société qui détient des participations dans d’autres sociétés sans produire elle-même. Elle publie sur son site cinq domaines d’activité : la production de literie avec Dunlopillo, Technilat et Biotex, la distribution de literie avec La Compagnie du Lit et France Literie, la petite enfance, la construction bois, et un pôle de « conception et fabrication d’habitats de loisirs » porté par Sunshine Habitat, SIREN 440 577 484, qui regroupe les marques Louisiane, Chalets Fabre, Lodges CIAT et Sunshine Outdoor.

Deux faits de registre méritent d’être posés sans commentaire. Finadorm et Sunshine Habitat sont l’une et l’autre enregistrées sous le code des activités de sociétés holding, et non sous un code de fabrication. Les sociétés qui portent les codes industriels sont Louisiane, dont le siège est à Loudéac dans les Côtes-d’Armor, et Chalets Fabre, dont le siège est à Rieupeyroux dans l’Aveyron, commune où Sunshine Habitat a également le sien. Le répertoire donne des sièges sociaux, jamais des implantations d’usines : nous ne disons donc rien de la localisation des sites de production.

Les trois sociétés que nous n’avons rattachées à personne

Mobil-home Rideau, Rapidhome et Nautilhome apparaissent dans le tableau ci-dessous sans rattachement. Cela signifie que nous n’en avons pas trouvé dans les sources que nous avons consultées, pas qu’il n’en existe pas. Nous n’avons interrogé que le répertoire des entreprises, les communiqués officiels et la décision de l’Autorité : un actionnariat qui ne s’y lit pas ne s’y invente pas non plus.

Marque Société et SIREN Rattachement relevé Siège Activité déclarée
IRM et O’Hara Bio Habitat, SIREN 511 239 915 Groupe Trigano, depuis le 30 novembre 2024, par communiqué et décision La Chaize-le-Vicomte (85) Carrosseries et remorques
Résidences Trigano Résidences Trigano, SIREN 378 738 041 Groupe Trigano Paris (75) Carrosseries et remorques
Louisiane SAS Louisiane, SIREN 414 639 526 Finadorm, via Sunshine Habitat, par déclaration du groupe Loudéac (22) Charpentes et menuiseries
Chalets Fabre Chalets Fabre, SIREN 305 154 700 Finadorm, via Sunshine Habitat, par déclaration du groupe Rieupeyroux (12) Charpentes et menuiseries
Rideau Mobil-home Rideau, SIREN 423 762 004 Aucun relevé dans nos sources Venansault (85) Carrosseries et remorques
Rapidhome Rapidhome, SIREN 312 576 846 Aucun relevé dans nos sources Mayenne (53) Carrosseries et remorques
Nautilhome Nautilhome, SIREN 824 618 474 Aucun relevé dans nos sources Javron-les-Chapelles (53) Charpentes et menuiseries

Codes d’activité relevés au niveau de la société ; l’établissement du siège peut en porter un autre.

Ce que le code d’activité vous apprend, et ce qu’il ne vous apprend pas

Relisez la dernière colonne. Quatre sociétés déclarent la fabrication de carrosseries et de remorques, trois la fabrication de charpentes et d’autres menuiseries. D’un côté un métier de véhicule, de l’autre un métier de bois.

Il faut résister à la tentation d’en faire une frontière juridique, et notre propre tableau explique pourquoi : Louisiane et Nautilhome sont enregistrées en menuiserie, et la décision de l’Autorité les compte l’une et l’autre parmi les opérateurs du marché des mobil-homes. Deux contre-exemples sur sept suffisent à écarter la correspondance. Le code déclaré au répertoire décrit l’activité principale d’une société ; il ne qualifie pas ses produits, et il ne dit pas ce qu’un parc a le droit d’accueillir.

Ce que la nomenclature vous apprend est plus modeste, et reste utile : elle situe le métier d’origine de l’entreprise, ses matières premières et ses cycles de production. Un carrossier et un menuisier ne sont pas exposés au même prix de matière, ne montent pas leurs produits de la même façon et n’ont pas les mêmes délais. Un acheteur qui compare « les sept grandes marques » compare des entreprises dont les contraintes de fabrication n’ont presque rien en commun, ce qu’aucune liste alphabétique ne laisse voir.

Une asymétrie de droit se superpose à cette diversité industrielle, et elle vaut d’être connue même si son mécanisme est traité ailleurs. Les habitations légères de loisirs sont admises dans les parcs résidentiels de loisirs par l’article R. 111-38 du Code de l’urbanisme, sans restriction tenant au mode d’exploitation. Les résidences mobiles, elles, en sont écartées par l’article R. 111-42 dans une catégorie précise de parcs, définie par deux conditions cumulatives. Un fabricant de chalets peut donc adresser l’ensemble des parcs, un fabricant de résidences mobiles en a une partie fermée. Le mécanisme est démonté article par article sur notre page consacrée aux typologies d’hébergements, qui traite aussi de la troisième catégorie que le code connaît, la caravane.

Ce que nous ignorons de la distribution

Entre l’usine et vous, il y a rarement une seule personne. Les trois canaux qui existent, leurs services et leurs responsabilités respectives sont décrits sur notre page consacrée au choix d’un fabricant.

Ce qui relève d’un pilier de marché tient en un aveu : nous ne savons pas combien de concessionnaires existent en France, ni comment les ventes se répartissent entre ces trois canaux. La décision de l’Autorité mesure des parts de fabricants, pas des parts de circuits. Aucun recensement public ne l’établit, et nous n’avons trouvé aucune publication de fédération professionnelle qui le fasse.

Qui reprend l’hébergement en fin de vie

Un mobil-home vieillit, et un jour il faut le sortir du parc. La question paraît technique ; elle révèle en réalité la maturité d’une filière.

Aucune obligation légale de reprise ne porte sur l’hébergement en tant que tel. Le principe de responsabilité élargie du producteur, qui oblige un metteur sur le marché à financer la fin de vie de son produit, s’applique aux catégories énumérées à l’article L. 541-10-1 du Code de l’environnement. Nous avons lu cette énumération dans sa rédaction issue de la loi du 22 avril 2024 : elle compte vingt-deux rubriques numérotées, dont une abrogée, soit vingt et une catégories en vigueur, et aucune ne vise une résidence mobile de loisirs ni une habitation légère de loisirs.

Une réserve, qui change la question à poser au vendeur. Certains éléments qui composent un hébergement relèvent, eux, de ce principe au titre de leur propre catégorie : le mobilier et les matelas, les appareils électriques, les batteries, les pneumatiques. L’obligation existe pour ces composants ; elle n’existe pas pour l’ensemble monté, et personne ne vous doit d’en organiser la sortie du parc.

Un dispositif existe malgré tout, et il est volontaire. Il est porté par Eco Mobil-Home, société par actions simplifiée immatriculée le 15 décembre 2010 sous le SIREN 529 837 262, dont l’activité déclarée est le démantèlement d’épaves. Son fonctionnement est traité sur notre page consacrée à l’écoconception et au recyclage des mobil-homes.

Deux mots à ne pas laisser passer

Vous lirez, y compris sur nos propres pages, les mots « filière » et « éco-organisme » appliqués à la reprise des mobil-homes. Le premier est un raccourci commode. Le second est inexact, et l’écart n’est pas anodin : l’article L. 541-10 du Code de l’environnement réserve ce terme aux organismes agréés, mis en place collectivement par les producteurs pour porter une obligation légale.

Ici, il n’y a ni agrément ni obligation. Avant d’accepter l’un ou l’autre mot, demandez au vendeur le numéro et la date de l’arrêté d’agrément, et la catégorie de l’article L. 541-10-1 qu’il invoque. Si l’un des deux manque, la reprise en fin de vie n’est pas un droit : c’est un engagement contractuel, qui vaut ce que vaut le document qui le porte.

Trois questions sur l’identité de votre vendeur

Elles se vérifient dans une source publique et gratuite, en quelques minutes, sans être du métier. Les vérifications qui portent sur le produit, les documents et le contrat sont réunies sur notre page consacrée aux checklists avant de signer.

  1. Quelle société signe le bon de commande, et sous quel numéro ? Le nom de la marque sur la plaquette n’est pas toujours celui de la société qui s’engage : dans notre tableau, deux marques sur huit sont portées par une société d’un autre nom. Le numéro se vérifie à l’annuaire des entreprises en données ouvertes, qui donne la dénomination, la forme juridique, le siège et l’état, actif ou cessé.
  2. Depuis quand cette société existe-t-elle ? La date de création figure au répertoire. Pour les sociétés les plus anciennes, elle est parfois conventionnelle, fixée au 1er janvier, et donne une année plutôt qu’un jour. Elle ne présage pas de la qualité : elle situe votre interlocuteur. Une société immatriculée en 1990 et une société immatriculée en 2016 n’ont pas la même profondeur d’historique de garantie.
  3. Cette société appartient-elle à un groupe ? Si le vendeur l’affirme, demandez où c’est écrit. Un communiqué ou une page corporate est une déclaration de l’intéressé : point de départ utile, jamais preuve. Ce qui l’établit, c’est le registre du commerce, les comptes déposés, ou une décision publiée d’une autorité, comme celle du 29 octobre 2024 pour l’opération décrite plus haut.

Ce qui reste non mesuré, et pourquoi

Le marché des hébergements est donc partiellement chiffré, par accident, à l’occasion d’un contrôle de concentration. Le reste ne l’est pas, et les raisons tiennent à la construction des registres plutôt qu’à une paresse de recherche.

Il n’existe aucun recensement des parcs résidentiels de loisirs. Le seul registre public qui en recense est celui du classement, et ce classement est fermé aux parcs qui vendent leurs parcelles : le mécanisme et ses deux cas de figure sont expliqués sur notre page consacrée aux avis et retours d’expérience. Ceux-là mêmes qu’un acquéreur regarde sont absents du seul registre existant, et c’est ce qui rend le comptage impossible.

Il n’existe pas davantage de statistique publique sur les prix de parcelle, les charges ou les rendements. L’INSEE écarte du champ de son enquête de fréquentation les campings à vocation exclusivement résidentielle, et nous n’avons trouvé, dans les publications en accès libre des fédérations professionnelles, aucune donnée de prix propre à ces parcs. Nos ordres de grandeur de rentabilité sont publiés, avec leur périmètre écrit, sur notre page investissement et rentabilité. Vous n’en trouverez donc pas de version voisine ici.

Ce qui manque n’est pas hors d’atteinte pour autant. Les prix de transaction des parcelles se lisent dans les données publiques de valeurs foncières, la base ouverte des ventes immobilières enregistrées. Les parcs organisés en association syndicale laissent une trace administrative. Les créations de parcs passent par un permis d’aménager, donc par un acte d’urbanisme consultable. Ce sont des chantiers de dépouillement, pas des secrets, et nous préférons dire que nous ne les avons pas encore menés plutôt que de servir un chiffre plausible.

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Vous hésitez entre deux offres et vous ne savez pas qui s’engage ?

Un professionnel de l’immobilier de loisirs peut lire avec vous le bon de commande, le contrat d’occupation et le règlement du parc, et vous dire ce que chacun engage réellement.

Sources

  • Autorité de la concurrence, décision n° 24-DCC-229 du 29 octobre 2024 : autorise « l’acquisition, par Trigano, de l’intégralité du capital de Bio Habitat ». La décision retient deux marchés nationaux distincts, celui des mobil-homes et celui des habitations légères de loisirs, et publie pour 2023 un total de marché de 23 972 unités ainsi que les parts reproduites dans notre tableau. Les fourchettes entre crochets sont celles de l’Autorité, qui n’a pas rendu publiques les valeurs exactes. La décision nomme également, parmi les acteurs « commercialisant un nombre plus limité de mobil homes », Samibois, Cistébois, Breizh mobil homes et Nautilhome.
  • Groupe Beneteau, communiqué du 3 décembre 2024 : cession de l’activité Habitat à Trigano, conclusion au 30 novembre 2024, périmètre de la filiale Bio Habitat et des marques O’Hara, IRM et Coco Sweet. Le cédant y indique 900 collaborateurs en France et en Italie et un chiffre d’affaires de 320 millions d’euros en 2023, représentant 18 % de son chiffre d’affaires total. Ces deux valeurs mesurent une division cédée sur un exercice, et rien d’autre.
  • Annuaire des entreprises, service public en données ouvertes : dénomination, forme juridique, date de création, commune du siège, activité principale et état administratif de chacune des sociétés citées. Chaque SIREN figure en clair dans le corps de la page, ce qui vous permet de refaire une à une nos vérifications.
  • Finadorm, page « nos activités » : composition du groupe et rattachement des marques Louisiane, Chalets Fabre, Lodges CIAT et Sunshine Outdoor au pôle « conception et fabrication d’habitats de loisirs » porté par Sunshine Habitat. C’est une déclaration du groupe sur lui-même, et nous la présentons comme telle.
  • Code de l’urbanisme, article R. 111-38 : les habitations légères de loisirs peuvent être implantées « dans les parcs résidentiels de loisirs spécialement aménagés à cet effet ». C’est le 1° d’une énumération de quatre lieux, dont le dernier, les terrains de camping, est assorti d’un quota.
  • Code de l’urbanisme, article R. 111-42 : les résidences mobiles de loisirs ne peuvent être installées que dans trois catégories de lieux, dont, au 1°, les parcs résidentiels de loisirs « autres que ceux créés après le 1er octobre 2007 et exploités par cession d’emplacements ou par location d’emplacements d’une durée supérieure à un an ». Les deux conditions d’exclusion sont cumulatives. Nous ne citons cet article que pour l’asymétrie commerciale qu’il crée ; sa lecture complète est faite sur notre page consacrée aux typologies d’hébergements.
  • Code de l’environnement, article L. 541-10-1, dans sa rédaction issue de la loi n° 2024-364 du 22 avril 2024 : énumération de vingt-deux rubriques numérotées, dont le 3° est abrogé, soit vingt et une catégories de produits en vigueur. Nous l’avons lue en entier. Aucune ne vise une résidence mobile de loisirs ni une habitation légère de loisirs. Le 4° vise « les produits ou matériaux de construction du secteur du bâtiment destinés aux ménages ou aux professionnels » et renvoie à un décret en Conseil d’État que nous n’avons pas relu : nous ne nous prononçons donc pas sur le sort des matériaux pris isolément.
  • Code de l’environnement, article L. 541-10 : les producteurs « s’acquittent de leur obligation en mettant en place collectivement des éco-organismes agréés ». C’est ce qui donne au mot « éco-organisme » un sens précis, et ce qui interdit de l’employer pour un dispositif volontaire.

Autres textes et références cités sans lien : Code de l’urbanisme, articles R. 111-37 et R. 111-41, qui définissent l’habitation légère de loisirs et la résidence mobile de loisirs, et R. 111-47, qui définit la caravane ; Code du tourisme, article D. 333-5, qui réserve le classement aux parcs exploités sous régime hôtelier ; décret n° 2008-1354, qui définit les catégories d’entreprise ; INSEE, enquête de fréquentation dans les hébergements collectifs de tourisme, dont le champ écarte les campings à vocation exclusivement résidentielle.

Les articles de code ont été relus sur le fonds LEGI publié en données ouvertes par la Direction de l’information légale et administrative, dans leur version en vigueur. Les faits d’entreprise ont été relevés un à un au répertoire des entreprises, par SIREN, et non repris d’un site commercial.

Trois réserves, que nous préférons écrire plutôt que taire.

Nous n’avançons aucune valeur de marché de notre cru. Les seuls chiffres publiés ici sont ceux de la décision de l’Autorité de la concurrence et du communiqué de cession, l’une et l’autre reproduits avec leur périmètre et leur date. Nos ordres de grandeur de coût et de rendement sont publiés sur les pages qui en portent la responsabilité, et nous ne les republions pas ici pour éviter d’en faire circuler deux versions.

Nous n’avons pas lu la norme NF S 56-410, qui commande la qualification administrative d’une résidence mobile. Elle est éditée et vendue par un organisme privé, et nous ne l’avons pas achetée. Nous ne disons donc rien de son contenu ni de la surface qu’elle fixe. Cette règle vaut pour nos propres pages : celles qui avancent encore une surface tirée de cette norme sans nommer son édition sont en cours de reprise, de même que celles qui emploient le mot « éco-organisme » pour le dispositif de reprise volontaire.

Trois des sept sociétés du tableau, Mobil-home Rideau, Rapidhome et Nautilhome, y figurent sans rattachement capitalistique. Cela signifie que nous n’en avons pas trouvé dans les sources consultées. Ce n’est pas l’affirmation qu’il n’en existe pas, et nous n’avons pas mené de recherche d’actionnariat au-delà de ces sources.

Foire aux questions

Aucun décompte officiel n’est publié. La décision de l’Autorité de la concurrence du 29 octobre 2024 nomme les principaux opérateurs et leur attribue une part de marché, mais elle regroupe tout le reste sous une ligne « autres » qui pesait 1,4 % en 2023 : elle mesure des poids, pas un effectif.

Vous pouvez en revanche vous en approcher vous-même. Le répertoire des entreprises en données ouvertes se consulte librement, et deux codes d’activité dominent le secteur : la fabrication de carrosseries et remorques, la fabrication de charpentes et autres menuiseries. Ils ne se superposent pas aux familles d’hébergements : Louisiane et Nautilhome, enregistrées en menuiserie, produisent des résidences mobiles. Un filtre par code est une porte d’entrée, jamais un recensement.

C’est le travail que nous avons fait pour les sociétés citées sur cette page, dont chaque SIREN figure en clair pour que vous puissiez le refaire.

Aucune autorité publique ne note ni ne certifie la qualité des fabricants d’hébergements de loisirs. Le seul classement officiel qui existe en France porte sur les parcs, il est délivré par Atout France, et il ne dit rien de la marque de votre hébergement.

Une autorité a bien hiérarchisé les fabricants, mais sur un tout autre critère : l’Autorité de la concurrence, en établissant leurs parts de marché respectives pour instruire le rachat de 2024. C’est une mesure de position à une date donnée, pas un jugement de qualité, et elle ne dit rien de la fiabilité d’un modèle ni de la tenue d’un service après-vente.

Devant un « top 10 » ou un « comparatif des meilleurs fabricants », posez donc trois questions au classement lui-même : de quand date-t-il, sur quels critères repose-t-il, et qui l’a financé ? Un classement qui ne répond à aucune des trois n’est pas une source.

Sur le plan juridique, non : votre contrat vous lie à la société qui vend, pas à la marque ni au groupe. Un changement d’actionnaire ne modifie ni ce que vous avez signé, ni les garanties légales qui s’y attachent. La garantie commerciale, elle, est un engagement de l’entreprise qui l’a consentie, et ce sont son étendue et sa durée écrites qui comptent.

Quant à l’effet sur les prix, sur les délais ou sur la disponibilité des pièces, nous n’en dirons rien. L’Autorité de la concurrence a examiné l’opération et l’a autorisée le 29 octobre 2024 ; nous n’en tirons aucune prédiction, et personne ne mesure ce marché en continu.

Reste une question utile, dès lors qu’un hébergement est acheté d’occasion ou qu’il a quelques années : qui assure aujourd’hui le service après-vente de ce modèle, et sur quelle durée les pièces détachées restent-elles annoncées comme disponibles ? Faites répondre par écrit, et gardez la réponse.

Regardez la ligne en bas du document, celle que personne ne lit : une dénomination sociale, une forme juridique et un numéro à neuf chiffres. C’est ce numéro qui vous intéresse, pas le logo en haut de page.

Tapez-le sur l’annuaire des entreprises en données ouvertes. En trente secondes vous obtenez la dénomination exacte, la forme juridique, la date de création, la commune du siège, l’activité déclarée et l’état, actif ou cessé. Rien de tout cela ne coûte un euro et rien n’exige d’être du métier.

Trois écarts doivent vous arrêter net : une société immatriculée depuis quelques mois alors que la marque se présente comme ancienne, un état administratif autre qu’actif, ou une dénomination sans rapport avec celle de la plaquette sans que personne ne vous l’explique. Aucun des trois n’est une preuve de malhonnêteté. Chacun mérite une question écrite avant le moindre acompte.