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Un budget de parc résidentiel de loisirs n’est pas un chiffre, c’en est deux
Deux acheteurs peuvent signer le même jour, dans le même parc, pour le même chalet, et ne pas payer du tout la même chose l’année suivante !
Ce n’est pas que l’un a mieux négocié. C’est que le parc les a fait entrer par deux portes différentes. Par l’une, vous achetez une parcelle et vous votez chaque année ce que vous paierez. Par l’autre, vous louez un emplacement et vous recevez un prix.
- Cotisation annuelle d’association syndicale, en parc à cession : 700 à 1 800 €. La cotisation seule, hors assurance, hors impôts, hors consommations, hors entretien de votre hébergement.
- Redevance annuelle d’emplacement, en régime hôtelier : 1 800 à 6 000 €. Le loyer de l’emplacement, hors consommations.
- Coût annuel complet de détention : 3 000 à 8 000 €. La cotisation ou la redevance, plus l’assurance, les impôts locaux, l’eau et l’électricité, l’entretien courant et la provision de renouvellement.
Ces trois fourchettes ne s’additionnent pas : la troisième n’est pas la somme des maxima des deux premières, c’est l’ordre de grandeur d’une année complète pour un même propriétaire.
Il n’existe pas de statistique publique sur les parcs résidentiels de loisirs. L’Insee exclut du champ de son enquête sur le parc et la fréquentation des campings ceux qui ont une vocation exclusivement résidentielle, et nous n’avons trouvé aucune donnée publiée de prix, de charges ou de rendement sur ce marché. Ces ordres de grandeur sont ceux que nous observons. Ils ne remplacent pas les comptes du parc et les chiffres du vendeur, que vous devez exiger.
Qui décide du montant, et sur quel fondement il peut augmenter
Deux portes, deux mécanismes de prix. En parc à cession, ce que vous payez est un budget voté : ce qui le fait varier, ce sont des décisions d’assemblée, et vous y avez une voix. En régime hôtelier, ce que vous payez est un prix de contrat : ce qui le fait varier, c’est une clause de révision, et vous ne la votez pas, vous la relisez.
Ce que la distinction change au quotidien, ce que vous détenez et qui est votre interlocuteur, est traité par notre page sur la vie dans un parc à l’année et par la check-list avant de signer. Ici, on ne parle que du montant.
| Question | Parc à cession | Régime hôtelier |
|---|---|---|
| Ce que vous payez | Une cotisation d’association syndicale | Une redevance d’emplacement |
| Qui en fixe le montant | L’assemblée, où vous êtes membre et votant | L’exploitant, seul |
| Ce qui le fait monter | Un budget voté, et la clé de répartition inscrite aux statuts | Une clause de révision, et rien d’autre que le contrat |
| Document à réclamer | Statuts, budget et trois derniers procès-verbaux d’assemblée | Les informations précontractuelles de l’arrêté du 24 décembre 2014, et la notice si vous achetez une résidence mobile |
Deux précisions commandent le montant en parc à cession, et personne ne vous les donnera spontanément. La règle de vote n’est fixée par aucun texte : elle figure dans les statuts de l’association, et elle peut être d’une voix par propriétaire comme d’une voix au prorata des surfaces. La clé de répartition des charges est statutaire elle aussi. Réclamez les statuts et les procès-verbaux avant de signer, pas après.
Le statut de la copropriété ne régit pas un parc résidentiel de loisirs : pas de syndic, pas de conseil syndical, pas de tantièmes, pas de majorités des articles 24 et 25 de la loi du 10 juillet 1965. L’ordonnance de 2004 sur les associations syndicales lui emprunte en revanche deux mécanismes, et ce sont exactement ceux qui touchent à l’argent, comme vous le verrez plus bas. Si l’on vous présente un règlement de copropriété, n’en concluez pas qu’il est sans valeur : faites qualifier le montage par votre notaire avant de signer.
Ce n’est ni une charge de copropriété, ni une charge locative au sens de la location d’habitation. Le décret du 26 août 1987 qui fixe la liste des charges récupérables ne joue que par le renvoi de la loi du 6 juillet 1989, dont le champ est le local à usage d’habitation : aucun texte ne limite par avance la liste des postes qu’un contrat d’emplacement peut vous faire supporter. Ni régularisation annuelle obligatoire, ni décompte imposé, ni droit légal de communication des pièces.
En revanche, un droit opposable existe, et presque personne ne le réclame. L’arrêté du 24 décembre 2014 impose au professionnel de vous remettre avant la conclusion du contrat, sur support durable : la durée et le prix de la location et les modalités de règlement ; les conditions de renouvellement et de modification du contrat, en précisant les modalités de revalorisation du loyer ; les modalités de résiliation anticipée, dont les frais ou pénalités éventuels et le délai de préavis ; le prix des services et équipements indispensables, ou l’information qu’ils sont compris dans le prix, ces prestations comprenant le transport, le calage, le branchement et la fourniture d’eau, d’électricité et de gaz ; et le cas échéant le prix des prestations annexes.
Cet arrêté vise les emplacements loués à l’année pour une habitation légère de loisirs, une résidence mobile de loisirs ou une caravane : il ne se limite pas aux mobil-homes. Ce qui n’y figure pas ne devrait pas se découvrir à la première facture.
Le coût d’entrée, ce que vous payez une seule fois
Les ordres de grandeur ci-dessous portent sur le bien seul, et ils sont, eux aussi, ce que nous observons faute de statistique publique. Ils ne comprennent ni les frais, ni le transport, ni l’installation, ni le mobilier.
| Poste | Ce que nous observons | Ce qu’il ne comprend pas |
|---|---|---|
| Parcelle | 20 000 à 80 000 € | Frais d’acquisition, viabilisation éventuelle |
| Chalet équipé | 40 000 à 80 000 € | Transport, installation, mobilier |
| Mobil-home neuf | 25 000 à 60 000 € | Transport, installation, mobilier |
| Mobil-home d’occasion | 8 000 à 35 000 € | Transport, installation, remise en état |
| Parcelle et chalet | 75 000 à 140 000 € | Frais, transport, installation, mobilier |
| Frais d’acquisition | 7 à 8 % du prix de la parcelle | Part d’autant plus lourde que le prix est bas |
Le pourcentage de frais est un ordre de grandeur pour l’ancien, entre particuliers. Sur une petite assiette, les émoluments et les débours pèsent proportionnellement plus lourd : demandez un chiffrage en euros, pas en pourcentage.
La TVA. Vendue par un professionnel assujetti, une parcelle qualifiée de terrain à bâtir supporte la taxe au taux normal de 20 %. Un hébergement neuf aussi. Un mobil-home d’occasion vendu par un professionnel y est soumis également, le plus souvent sous le régime de la taxation sur la marge. Pour un acheteur particulier, qui ne la récupère pas, cette taxe est un coût d’entrée définitif.
Les droits d’enregistrement. Entre particuliers, la cession d’une parcelle supporte le droit départemental, dont le taux de droit commun est de 3,80 % et que le conseil départemental peut moduler entre 1,20 et 4,50 %, une taxe additionnelle de 1,20 % perçue au profit de la commune ou d’un fonds de péréquation départemental selon la taille de la commune, et des frais d’assiette de l’État égaux à 2,37 % du droit départemental. Depuis la loi de finances pour 2025, tout conseil départemental peut porter ce taux au-delà de 4,50 % sans dépasser 5 %, pour les actes passés entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028. L’exception prévue pour les primo-accédants qui acquièrent leur résidence principale ne joue jamais pour un achat en parc de loisirs. Votre notaire vous donnera le chiffre exact avant la signature, et le déroulé de l’opération est traité par le pilier Achat, vente ou transmission.
Le poste qui ne figure sur aucune annonce : ce que doit le vendeur
En parc à cession, les droits et obligations nés de l’association syndicale sont attachés à la parcelle et la suivent, en quelque main qu’elle passe. Deux conséquences, et ce sont les deux mécanismes que l’ordonnance de 2004 emprunte au statut de la copropriété.
D’abord, l’association doit être avisée de la mutation et peut faire opposition pour obtenir le paiement des sommes restant dues par l’ancien propriétaire : c’est entre les mains du notaire, sur le prix, que l’affaire se règle. Ensuite, et c’est le point que personne ne vous dira, les créances de l’association sur l’un de ses membres sont garanties par une hypothèque légale sur sa parcelle. Réclamez au président une attestation de moins d’un mois sur les sommes dues, et faites-en une condition de la signature.
Le coût annuel, poste par poste
Six postes composent une année de détention, et nous n’en chiffrons que deux : celui que vous devez à l’association ou à l’exploitant, selon votre régime. Sur les quatre autres, nous n’avons pas arrêté de valeur. Publier une fourchette que nous ne saurions pas défendre serait pire qu’un silence, elle deviendrait votre référence de négociation. Ils sont compris dans le total annuel de l’encadré ci-dessus, et c’est ce total qui fait foi. Ce que vous pouvez faire à la place tient en une ligne : exigez du vendeur les trois derniers relevés réels, pas une moyenne.
| Poste | Ce que nous observons, et sur quoi | Où le détail est traité |
|---|---|---|
| Cotisation d’ASL | 700 à 1 800 € par an, la cotisation seule, hors assurance, impôts, consommations et entretien privatif. Parc à cession | Cette page |
| Redevance | 1 800 à 6 000 € par an, le loyer de l’emplacement, hors consommations. Régime hôtelier | Ce que la redevance couvre, poste par poste |
| Eau et électricité | Compris dans le total annuel | Voir ci-dessous, forfait ou compteur |
| Assurance | Compris dans le total annuel | À comparer à garanties égales, jamais à prix affiché |
| Entretien courant | Compris dans le total annuel | Le détail poste par poste |
| Renouvellement | Compris dans le total annuel | Ce que le remplacement du bardage, de la toiture et des menuiseries coûtera dans vingt ans |
Les impôts locaux ne figurent pas dans ce tableau : ils ne dépendent pas du parc mais de ce que vous possédez, et ils font l’objet de la section suivante.
Forfait ou compteur, la question qui rend deux parcs comparables
Avant de mettre deux montants annuels côte à côte, posez une seule question : l’eau et l’électricité sont-elles au forfait ou au compteur individuel. Une redevance annoncée tout compris et une redevance annoncée hors consommations ne se comparent pas, même à montant égal. Ce n’est pas un écart de prix, c’est un écart de périmètre, et c’est le premier qu’on prend pour l’autre. La réponse ne se quémande pas : l’arrêté du 24 décembre 2014 range le branchement, l’eau, l’électricité et le gaz parmi les prestations indispensables dont le prix, ou l’inclusion dans le loyer, doit vous être communiqué avant la signature. La grille d’évaluation d’un parc sert ensuite à comparer prestation par prestation.
Les impôts locaux, ce que vous devez dépend de ce que vous possédez
Le point discriminant n’est pas le régime du parc, c’est la fixation au sol de votre hébergement. Un chalet ou une habitation légère posés sur socle ou sur plots, qu’on ne peut pas déplacer sans les démolir, relèvent de la taxe foncière bâtie, et le sol suit : sont soumis au même impôt les sols des bâtiments et les terrains formant une dépendance indispensable et immédiate de ces constructions, ce qui, sur un lot de parc, fait généralement basculer la parcelle entière. Une résidence mobile qui conserve ses moyens de mobilité ne relève ni de la taxe foncière bâtie, ni de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, ni de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
Trois précisions que l’on découvre souvent trop tard. La taxe d’habitation reste due même lorsque le bien est aussi imposable à la cotisation foncière des entreprises, mais elle ne l’est pas lorsque le local fait l’objet d’un usage exclusivement professionnel, et elle est établie au nom de celui qui a la disposition ou la jouissance du local, ce qui n’est pas toujours le propriétaire. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères suit la taxe foncière bâtie, mais là où elle n’est pas instituée la commune peut lever à la place une redevance d’enlèvement, due par l’usager du service. Qui doit quoi, sur quelle base et à quel taux : taxes locales et taxe de séjour.
La taxe de séjour, sauf dans un cas, n’est pas une charge
Si vous n’occupez que pour vous et vos proches, vous n’en devez aucune. Si vous louez, tout dépend du régime que la commune a retenu. Au régime réel, elle est due par la personne hébergée : vous la collectez, vous la reversez, elle transite par votre compte sans être une dépense et ne se déduit pas comme telle.
Au régime forfaitaire, c’est vous le redevable. Le Code général des collectivités territoriales met la taxe forfaitaire à la charge des logeurs, des hôteliers et des propriétaires qui hébergent à titre onéreux, et elle se calcule par unité de capacité d’accueil et par nuitée sur la période d’ouverture, que l’hébergement soit loué ou non. Elle devient alors une charge fixe, à budgéter avant la première réservation. Première question à poser à votre mairie : quel régime a-t-elle institué.
Pourquoi ça augmente, et ce qu’on n’a pas le droit de vous faire
Ce que la loi ne fixe pas, et ce qu’elle interdit quand même
En régime hôtelier, aucun texte ne fixe de plafond de hausse, d’indice obligatoire, de durée minimale de contrat ni de plafonnement des commissions. Le ministère de l’Économie l’écrit lui-même en réponse à une question parlementaire : la durée du bail, le montant du loyer et plus généralement les obligations des parties sont librement fixés. Le contrat type issu du groupe de travail de la direction générale des entreprises, entré en vigueur le 1er janvier 2021, demeure dépourvu de valeur contraignante.
Le préavis, lui, n’est pas absent : sa durée n’est pas fixée, mais il doit vous être annoncé avant la signature avec les frais de résiliation, une modification substantielle du règlement intérieur suppose une information au moins six mois avant sa date d’effet, et une clause qui permettrait au professionnel de résilier sans préavis d’une durée raisonnable est présumée abusive.
Et il existe une clause que le droit de la consommation interdit sans discussion possible, celle qui réserve au professionnel le droit de modifier unilatéralement les clauses du contrat relatives à sa durée, aux caractéristiques ou au prix du service. Elle est irréfragablement présumée abusive : si votre contrat en porte une, elle est réputée non écrite, sans qu’il y ait à démontrer quoi que ce soit. Le ministère nomme d’ailleurs lui-même les abus qu’il constate dans ce secteur, en réponse à une question écrite au Sénat : déséquilibre du contrat, niveau élevé de loyers, droits d’entrée, droit de sortie.
Une limite, pour ne pas vous envoyer au procès que vous perdriez : le contrôle des clauses abusives ne porte ni sur l’objet principal du contrat, ni sur l’adéquation du prix au service rendu, dès lors que la clause de prix est rédigée de façon claire et compréhensible. On attaque une clause de révision opaque ou unilatérale, pas un loyer qu’on trouve cher.
Deux clauses d’indexation à relire avant de signer
La première règle est certaine. Est réputée non écrite toute clause d’un contrat à exécution successive, et notamment des baux et locations de toute nature, prévoyant la prise en compte d’une période de variation de l’indice supérieure à la durée s’écoulant entre chaque révision. Autrement dit : une révision annuelle ne peut appliquer qu’une variation d’indice sur douze mois. Un exploitant qui rattrape trois ans en une fois sort du texte.
La seconde mérite d’être posée à un juriste, et nous ne la présentons pas autrement. Le même code interdit, dans les conventions, les clauses d’indexation fondées sur le niveau général des prix ou sur les prix de biens et services sans relation directe avec l’objet de la convention ou avec l’activité de l’une des parties. L’indice des prix à la consommation publié par l’Insee est un indice de niveau général des prix. Le texte répute en revanche en relation directe l’indexation sur l’indice du coût de la construction pour une convention relative à un immeuble bâti, et celle sur l’indice des loyers des activités tertiaires pour une convention relative à un immeuble. C’est sur ce terrain que la question se pose, et elle se pose à un juriste : si votre contrat indexe votre redevance sur l’indice des prix à la consommation, posez-la avant de signer, pas après la troisième hausse.
Et si une hausse vous paraît sortir du contrat ou du budget voté, la contestation, ses fondements et ses délais, cinq ans et non deux mois, sont traités par notre pilier Éviter les pièges et les litiges.
Ce qu’on doit vous remettre avant que vous signiez
En régime hôtelier, une notice d’information sur les conditions de location des emplacements à l’année doit être remise aux propriétaires de résidences mobiles de loisirs, qui attestent en avoir pris connaissance avant toute signature d’un contrat de location d’un emplacement à l’année. Cette notice-là ne bénéficie qu’à eux.
Ne concluez pas pour autant qu’un acheteur de chalet n’a droit à rien. L’information précontractuelle sur support durable détaillée plus haut vise les habitations légères de loisirs, les résidences mobiles et les caravanes : elle vous est due quel que soit votre hébergement, et elle se réclame plutôt qu’elle ne se négocie.
Le coût de sortie, la commission de mutation
Quand vous revendrez, beaucoup de parcs prélèveront un pourcentage du prix de cession. Aucun droit de présentation légal n’existe en parc résidentiel de loisirs, et aucun texte ne plafonne le taux de cette commission. Nous ne publions pas de fourchette : les barèmes que nous relevons sur ce marché sont trop dispersés et trop peu documentés pour qu’une moyenne apprenne quoi que ce soit à un acheteur.
Deux appuis existent malgré tout, et ils valent mieux qu’un chiffre. La notice d’information du régime hôtelier prévoit que la commission suppose un montant fixé au préalable d’un commun accord et correspondant à la prise en charge effective des visites et de la commercialisation de l’hébergement : une commission prélevée sur une vente que vous avez trouvée seul n’a pas de contrepartie. Et les frais ou pénalités de sortie font partie des informations qui doivent vous être remises avant la conclusion du contrat.
Le conseil tient donc en une phrase : exigez que le taux, l’assiette et le fait générateur soient écrits avant de signer l’achat, et non découverts à la revente. Ce que le prix affiché d’un bien recouvre réellement, et ce qu’il ne recouvre pas, est traité par notre page prix affiché et prix payé.
Sources
- Code de l’urbanisme, article R. 111-42, lieux d’installation des résidences mobiles de loisirs
- Code du tourisme, article D. 333-4, régime hôtelier, règlement intérieur type et notice d’information
- Arrêté du 24 décembre 2014, information précontractuelle due sur support durable, articles 1er et 3
- Arrêté du 17 février 2014, annexe II, mentions de la notice d’information, commission de vente et préavis de six mois
- Ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004, article 3, obligations attachées à la parcelle, avis de mutation et opposition sur le prix
- Ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004, article 6, hypothèque légale garantissant les créances de l’association syndicale
- Code monétaire et financier, article L. 112-1, clause de rattrapage pluriannuel réputée non écrite
- Code monétaire et financier, article L. 112-2, indexations prohibées et indexations réputées en relation directe
- Code de la consommation, article R. 212-1, 3°, modification unilatérale du prix irréfragablement présumée abusive
- BOI-TVA-LIQ-30-20-10-10, version du 7 août 2024, opérateurs susceptibles de relever du taux réduit
Autres textes sur lesquels cette page s’appuie, cités sans lien : Code civil, article 1709 ; Code du tourisme, article D. 333-5 ; Code de la consommation, articles L. 212-1 et R. 212-2 ; Code général des impôts, articles 279 a, 1380, 1381, 4°, 1393, 1407, 1408, 1521, 1584, 1594 D, 1595 bis et 1647, V, a ; article 116 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025 ; Code général des collectivités territoriales, articles L. 2333-29, L. 2333-40, L. 2333-41 et L. 2333-76 ; décret n° 87-713 du 26 août 1987, cité pour dire qu’il ne s’applique pas ici ; décret n° 2006-504 du 3 mai 2006 pris pour l’application de l’ordonnance sur les associations syndicales ; BOI-IF-TFB-10-10-10 pour la taxe foncière des habitations légères de loisirs ; réponses ministérielles à la question écrite n° 8520 de l’Assemblée nationale, publiée le 29 août 2023, et à la question écrite n° 02787 du Sénat, publiée le 27 avril 2023.
Une réserve sur nos propres pages. Ce pilier fixe une valeur unique par poste de dépense, avec son périmètre écrit. Plusieurs de nos pages plus anciennes portent encore des fourchettes différentes, sur les charges annuelles, sur la redevance et sur le prix d’un hébergement neuf, et l’une d’elles présente l’indexation d’une redevance sur l’indice des prix à la consommation comme une clause ordinaire, ce que la section consacrée aux clauses d’indexation discute. Leur reprise est engagée. En cas de divergence, c’est cette page qui fait foi sur les montants, et le pilier Fiscalité et comptabilité sur les régimes d’imposition.
Une réserve de méthode. Les textes cités ont été relus sur le fonds LEGI republié en données ouvertes par la Direction de l’information légale et administrative, dans leur version en vigueur. Le taux de taxe sur la valeur ajoutée applicable à la location d’un emplacement de parc résidentiel de loisirs reste un point que ni le texte ni la doctrine ne tranchent : il est exposé en clair dans le corps de la page, et notre pilier Fiscalité et comptabilité publie le même constat.
Foire aux questions
Cela dépend entièrement du régime du parc, et c’est la première question à poser au vendeur. En parc à cession, vous achetez votre parcelle et vous devenez membre d’une association syndicale libre : le montant de votre cotisation est voté en assemblée, et vous y avez une voix. En régime hôtelier, vous louez un emplacement à un exploitant qui reste propriétaire du sol : il fixe seul le prix, dans les termes du contrat que vous avez signé, sans vote ni assemblée.
La conséquence pratique est là : dans le premier cas, vous discutez un budget avec d’autres propriétaires ; dans le second, vous relisez un contrat. Demandez par écrit, avant toute signature, sous quel régime le parc est exploité.
Non, et les confondre coûte cher. La cotisation finance les parties communes d’un parc dont vous possédez une parcelle : sa clé de répartition et sa règle de vote figurent dans les statuts de l’association syndicale, pas dans un texte. La redevance est le prix d’un contrat de louage de chose : elle rémunère la mise à disposition d’un emplacement, et l’occupant n’a aucun droit de vote sur son montant.
Dans les deux cas, l’organisation habituelle d’un parc n’est pas la copropriété : il n’y a ni syndic, ni conseil syndical, ni tantièmes. Si l’on vous présente un règlement de copropriété, faites qualifier le montage par votre notaire avant de signer plutôt que d’en conclure qu’il est sans valeur.
Aucun texte ne fixe de plafond de hausse, d’indice obligatoire ni de durée minimale de contrat : le ministère de l’Économie l’écrit lui-même en réponse à une question parlementaire, les obligations des parties sont librement fixées. Le contrat type issu du groupe de travail de la direction générale des entreprises, entré en vigueur le 1er janvier 2021, demeure dépourvu de valeur contraignante.
Trois garde-fous existent malgré tout. Une clause qui réserverait au professionnel le droit de modifier unilatéralement le prix est irréfragablement présumée abusive. Le Code monétaire et financier répute non écrite toute clause qui appliquerait, lors d’une révision, une variation d’indice portant sur une période plus longue que l’intervalle entre deux révisions : une révision annuelle ne peut donc rattraper qu’une année. Et les modalités de revalorisation du loyer font partie des informations que le professionnel doit vous remettre avant la signature.
Une limite, en revanche : le contrôle des clauses abusives ne porte pas sur l’adéquation du prix au service rendu. On conteste une clause de révision, pas un loyer que l’on trouve cher.
Le critère n’est pas le régime du parc, c’est la fixation au sol. Un chalet ou une habitation légère de loisirs posés sur un socle ou sur des plots, qu’on ne peut pas déplacer sans les démolir, sont imposables à la taxe foncière bâtie, et le sol qui forme leur dépendance indispensable et immédiate suit le même sort. Une résidence mobile de loisirs qui conserve ses moyens de mobilité ne l’est pas, et elle échappe du même coup à la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et à la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
C’est une appréciation de fait, installation par installation, et non une règle qui se déduirait de votre contrat. En cas de doute, la question se pose au service des impôts des particuliers, pas à la mairie ni à l’exploitant.
La liste dépend du régime, et elle se réclame avant la signature, jamais après.
En parc à cession : les statuts de l’association syndicale, qui portent la règle de vote et la clé de répartition des charges ; le budget voté et les procès-verbaux des dernières assemblées ; une attestation du président sur les sommes restant dues sur la parcelle. Ce dernier point n’est pas une précaution de confort : les obligations nées de l’association sont attachées au bien, l’association doit être avisée de la mutation et peut faire opposition sur le prix pour se payer de ce que devait le vendeur, et ses créances sont garanties par une hypothèque légale sur la parcelle.
En régime hôtelier : le contrat d’emplacement, le règlement intérieur, et, si vous achetez une résidence mobile de loisirs, la notice d’information sur les conditions de location à l’année, dont vous attestez avoir pris connaissance avant toute signature.
Dans les deux cas, réclamez l’information précontractuelle que l’arrêté du 24 décembre 2014 impose de remettre sur support durable : durée et prix, modalités de revalorisation du loyer, préavis et frais de résiliation anticipée, et prix ou inclusion des prestations indispensables, dont l’eau, l’électricité et le gaz. Elle est due aux propriétaires d’habitations légères de loisirs, de résidences mobiles et de caravanes.