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Vous achetez un mobil-home ou un chalet dans un parc exploité sous régime hôtelier : vous en êtes propriétaire, mais le terrain reste à l’exploitant. Vous lui versez chaque année une redevance pour occuper votre emplacement. C’est cette somme, souvent appelée redevance de parcelle, que cette page examine clause par clause : ce qu’elle rémunère, ce que la loi vous garantit avant de signer, comment se lit la clause de révision, ce qui se joue à l’échéance du contrat et en cas d’impayé. Dans un parc à cession, où vous achetez la parcelle elle-même, vous ne payez pas de redevance d’emplacement : la différence entre les trois sommes possibles est expliquée sur la page redevance et charges en PRL. Les montants observés figurent sur la page ce que vous paierez chaque année. Les clauses du contrat d’emplacement, de la durée à la vente sur place, sont commentées sur modèles de contrats en PRL.

Ce que la redevance rémunère, poste par poste
La redevance est le prix de la location de votre emplacement. Le Code du tourisme décrit le parc sous régime hôtelier comme un terrain dont une seule personne a la propriété ou la jouissance, exploité par une seule personne, dont les emplacements sont loués pour une durée qui peut dépasser le mois à une clientèle qui n’y élit pas domicile (article D. 333-4). Votre contrat s’analyse en principe comme un louage de chose au sens de l’article 1709 du Code civil, souvent assorti de services.
Ce que couvre la redevance, au-delà de l’emplacement, dépend du contrat. L’arrêté du 24 décembre 2014 oblige toutefois l’exploitant à vous indiquer avant la signature le prix des services et équipements indispensables, ou le fait qu’ils sont compris dans la redevance. Le tableau ci-dessous suit cette logique.
| Poste | Question à poser | Où trouver la réponse |
|---|---|---|
| Eau, électricité, gaz | Compteur individuel ou forfait, et à quel prix ? | Information précontractuelle |
| Branchement, calage | Compris, facturés une fois, ou refacturés à chaque intervention ? | Information précontractuelle |
| Transport, installation | Qui le paie à l’installation, et à la sortie ? | Information précontractuelle |
| Espaces verts, voirie | Entretien compris, et à quelle fréquence ? | Contrat et annexes |
| Gardiennage, accès | Toute l’année, ou pendant la saison seulement ? | Contrat, règlement intérieur |
| Piscine, animations | Incluses, payantes, accessibles hors saison ? | Contrat et annexes |
| Collecte des déchets | Prestation du parc ou refacturation d’une taxe ? | Facture détaillée |
Deux points à garder en tête. La redevance est due pour toute la durée du contrat, que vous passiez trois semaines sur place ou toute la saison, sauf clause qui prévoit autre chose. Et un service présenté dans la brochure du parc mais absent du contrat ou de ses annexes ne vous est pas acquis.
Ce que la loi impose, et ce qu’elle laisse libre
L’exploitant fixe librement la redevance. Aucun texte n’impose de plafond de hausse, d’indice ou de durée minimale de contrat : interrogé à l’Assemblée nationale, le ministère de l’Économie a répondu que la durée du bail, le montant du loyer et plus généralement les obligations des parties sont librement fixés (question écrite n° 8520). Le contrat type issu du groupe de travail de la direction générale des entreprises, entré en vigueur le 1er janvier 2021, n’a aucune valeur contraignante.
Ce que la loi vous garantit, c’est une information complète avant de vous engager :
- l’exploitant doit vous remettre sur support durable, avant la conclusion du contrat, les informations prévues par l’arrêté du 24 décembre 2014 : durée et prix de la location, modalités de règlement, conditions de renouvellement et de modification du contrat avec les modalités de revalorisation, modalités de résiliation anticipée avec les frais et le préavis, prix des prestations indispensables ;
- si votre hébergement est une résidence mobile de loisirs, il doit aussi vous remettre une notice d’information sur les conditions de location des emplacements à l’année, dont vous attestez avoir pris connaissance avant toute signature (article D. 333-4) ;
- le règlement intérieur suit un modèle type fixé par arrêté, et une modification substantielle doit vous être notifiée au moins six mois avant sa date d’effet (arrêté du 17 février 2014).
Ces documents se demandent par écrit, avant de signer. Ce sont eux qui vous serviront de référence le jour où le prix changera.
La clause de révision, ligne par ligne
Pendant la durée du contrat, la redevance n’évolue que selon la clause de révision. Les principes qui l’encadrent sont résumés sur la page redevance et charges en PRL ; voici comment les appliquer à votre contrat.
| Élément de la clause | Ce qu’il faut vérifier | Fondement |
|---|---|---|
| L’indice choisi | Il doit avoir une relation directe avec l’objet du contrat ou l’activité de l’une des parties. Le texte répute en relation directe l’indice du coût de la construction pour une convention relative à un immeuble bâti. L’indice des prix à la consommation mesure le niveau général des prix : une redevance indexée sur lui soulève une question de validité à soumettre à un juriste. | Code monétaire et financier, article L. 112-2 |
| La période de variation | Une révision annuelle ne retient que la variation de l’indice sur l’année écoulée : une clause qui applique la variation de plusieurs années est réputée non écrite. Des révisions annuelles simplement oubliées puis réclamées ensemble peuvent en revanche être dues : vérifiez le calcul année par année. | Code monétaire et financier, article L. 112-1 |
| La rédaction | La clause doit être claire et compréhensible. En cas de doute, elle s’interprète dans le sens le plus favorable au consommateur. Une clause qui ne joue qu’à la hausse peut être examinée comme clause abusive. | Code de la consommation, articles L. 211-1 et L. 212-1 |
| Les hausses hors indice | Dans un contrat à durée déterminée, une clause qui réserve à l’exploitant le droit de modifier seul le prix est interdite et réputée non écrite. Dans un contrat à durée indéterminée, le contrat peut prévoir une modification du prix si vous en êtes averti assez tôt pour pouvoir résilier. | Code de la consommation, articles R. 212-1, 3°, R. 212-4 et L. 241-1 |
| La date et l’annonce | À quelle date la révision s’applique et comment elle vous est notifiée. Aucun texte ne fixe de délai général : c’est le contrat qui le dit. | Votre contrat |
Les règles du Code de la consommation supposent que vous ne contractiez pas pour les besoins d’une activité professionnelle. Si vous louez votre hébergement à des vacanciers, cette qualité peut vous être contestée. Si vous l’avez acheté par une société qui n’exerce pas d’activité professionnelle, une SCI familiale par exemple, les règles sur les clauses abusives restent applicables (articles L. 212-2 et R. 212-5), mais pas la médiation de la consommation. Faites le point avec un juriste avant de vous appuyer sur elles. Les deux règles du Code monétaire et financier valent quel que soit votre profil.
À l’échéance du contrat : un nouveau prix, dans le cadre annoncé à la signature
À l’échéance d’un contrat à durée déterminée, l’exploitant peut proposer un nouveau prix, sans lien avec l’indice de révision. Si vous ne l’acceptez pas et qu’aucun accord n’est trouvé, le contrat s’arrête à son terme : il vous faut alors libérer l’emplacement, en déplaçant ou en vendant votre hébergement.
Avant d’en arriver là, trois vérifications :
- comparez la proposition aux conditions de renouvellement et de modification annoncées dans l’information remise avant la signature, et, pour une résidence mobile, dans la notice ;
- si le contrat fixe un délai pour annoncer les conditions du renouvellement, vérifiez qu’il a été respecté ;
- regardez ce qui s’est passé à la dernière échéance : si, sans rien signer de nouveau, vous avez tous deux continué d’exécuter le contrat, il a été tacitement reconduit aux mêmes conditions, pour une durée indéterminée (articles 1214 et 1215 du Code civil). Une hausse se discute alors dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée, avec la règle de préavis rappelée plus haut.
Pendant le contrat, une clause qui permettrait à l’exploitant de résilier sans préavis d’une durée raisonnable est présumée abusive, sauf preuve contraire (Code de la consommation, article R. 212-2, 4°), et une clause qui lui réserverait le droit de résilier à sa guise sans vous reconnaître le même droit est interdite (article R. 212-1, 8°). Ces règles visent la rupture en cours de contrat ; le refus de reconduire à l’échéance obéit d’abord à ce que le contrat prévoit. Un contrat de courte durée sans conditions de reconduction écrites fragilise tout projet qui suppose de rester dix ans.
La même logique joue à la revente. Votre mobil-home est un bien meuble que vous vendez librement, mais la cession du contrat d’emplacement à votre acheteur dépend de l’exploitant et de ce que prévoit le contrat. Aucun texte ne plafonne la commission de vente. Pour une résidence mobile, la notice prévoit qu’elle suppose un montant fixé au préalable d’un commun accord et correspondant à une prise en charge effective des visites et de la commercialisation. Les étapes d’une vente sont détaillées dans le guide acheter ou vendre en PRL.
Si la redevance n’est pas payée
Un impayé expose à la fin du contrat, donc à l’obligation de retirer votre hébergement, mais le Code civil encadre la façon d’y arriver :
- si le contrat comporte une clause résolutoire, elle ne joue en principe qu’après une mise en demeure restée sans effet, qui doit mentionner expressément cette clause (article 1225) ;
- sans clause, l’exploitant ne peut mettre fin au contrat par simple notification qu’en cas de manquement suffisamment grave, à ses risques, après une mise en demeure vous laissant un délai raisonnable et annonçant la résiliation. Vous pouvez contester cette décision devant le juge à tout moment, et c’est alors à lui de prouver la gravité du manquement (articles 1224 et 1226) ;
- l’exploitant peut aussi demander la résolution au juge, qui peut vous accorder un délai (article 1228) ; le juge peut en outre reporter ou échelonner une dette dans la limite de deux ans, compte tenu de votre situation (article 1343-5).
En cas de difficulté passagère, écrivez avant l’échéance et proposez un échéancier : un accord écrit vaut mieux qu’une procédure. Si c’est le montant que vous contestez, payez en précisant par écrit que vous le faites sous réserve de vos droits, puis suivez la marche décrite sur la page hausse des charges : vérifier, contester, réagir.
Ce qui se négocie avant de signer
Le montant de départ dépend surtout de la demande : il a plus de chances de bouger dans un parc qui a des emplacements libres. Les autres termes du contrat comptent davantage sur la durée, et c’est sur eux que portent les demandes utiles : Le non-renouvellement et la vente du parc sont traités sur la défaillance de l’exploitant d’un PRL.
- un indice de révision en rapport avec l’activité du parc, et si possible un plafond annuel de hausse ;
- une durée de contrat cohérente avec votre projet, et des conditions de reconduction écrites, avec le délai d’annonce du nouveau prix ;
- la liste des services compris dans la redevance, pour ne pas les payer deux fois ;
- les conditions de cession du contrat à un acheteur : agrément, taux, assiette et fait générateur de la commission.
Tout ce qui est obtenu doit figurer dans le contrat ou dans un avenant signé. Une promesse orale ne vous protégera pas à l’échéance.
Estimer ce que vous paierez sur toute la durée de détention
L’hébergement se paie une fois, la redevance chaque année. Pour la comparer d’un parc à l’autre sur la durée que vous envisagez :
- partez de la redevance actuelle et ajoutez les prestations facturées à part ;
- appliquez la clause de révision année par année, en vous appuyant sur l’évolution passée de l’indice qu’elle retient ;
- confrontez le résultat aux factures réelles des dernières années, que l’exploitant ou le vendeur peut vous fournir ;
- prévoyez au moins une échéance à un prix plus élevé, puisque rien ne l’interdit ;
- mettez ce total en regard de la durée pendant laquelle vous comptez garder le bien, et du coût d’un départ anticipé.
Ce calcul vous évite de choisir un parc sur le seul prix affiché du mobil-home.
Sources
- Code du tourisme, article D. 333-4, parc résidentiel de loisirs sous régime hôtelier, règlement intérieur et notice d’information
- Arrêté du 24 décembre 2014 relatif à l’information préalable du consommateur dans les établissements hôteliers de plein air
- Code civil, article 1709, louage de choses
- Code monétaire et financier, article L. 112-1, période de variation de l’indice limitée à celle entre deux révisions
- Code monétaire et financier, article L. 112-2, indexations interdites et indexations réputées en relation directe
- Code de la consommation, article L. 212-1, clauses abusives
- Code de la consommation, article R. 212-1, 3°, modification unilatérale du prix irréfragablement présumée abusive
- Code de la consommation, article R. 212-2, 4°, résiliation sans préavis raisonnable présumée abusive
- Code de la consommation, article R. 212-4, modification du prix dans un contrat à durée indéterminée
- Code de la consommation, article L. 612-1, médiation de la consommation gratuite pour le consommateur
Également cités, sans lien : arrêté du 17 février 2014 relatif au règlement intérieur type et à la notice d’information, annexe II ; Code civil, articles 1214, 1215, 1224, 1225, 1226, 1228 et 1343-5 ; Code de la consommation, articles L. 211-1, L. 212-2, R. 212-1, 8°, R. 212-5, L. 241-1 et L. 612-2 ; Assemblée nationale, question écrite n° 8520, réponse du ministre de l’Économie publiée le 29 août 2023 ; contrat type de location d’emplacement entré en vigueur le 1er janvier 2021, sans valeur contraignante.
Foire aux questions
La redevance de parcelle est-elle encadrée par la loi ?
Son montant, non : en régime hôtelier, l’exploitant le fixe librement, sans plafond de hausse ni indice imposé. La loi encadre en revanche l’information qui vous est due avant de signer, la façon dont la clause de révision peut être rédigée et les clauses que le droit de la consommation interdit, comme celle qui laisserait l’exploitant modifier seul le prix d’un contrat à durée déterminée. C’est donc le contrat, et la manière dont il est écrit, qui vous protège.
Que couvre exactement la redevance d’emplacement ?
Au minimum, la mise à disposition de votre emplacement. Pour le reste, l’exploitant doit vous dire avant la signature quelles prestations indispensables sont comprises et lesquelles sont facturées, avec leur prix : eau, électricité, gaz, branchement, calage, transport. Les services du parc, comme l’entretien des espaces communs ou l’accès à la piscine, dépendent du contrat et de ses annexes. Un même service peut être inclus dans un parc et payant dans le parc voisin.
Que se passe-t-il à l’échéance de mon contrat d’emplacement ?
Pour un contrat à durée déterminée, l’exploitant peut proposer un nouveau prix, sans lien avec l’indice. Si vous ne l’acceptez pas et qu’aucun accord n’est trouvé, le contrat prend fin et l’emplacement doit être libéré. Comparez d’abord la proposition aux conditions de renouvellement annoncées avant la signature. Et si, à une échéance passée, vous avez continué tous deux d’exécuter le contrat sans rien signer, il a été tacitement reconduit aux mêmes conditions pour une durée indéterminée.
Que se passe-t-il si je cesse de payer la redevance ?
L’exploitant peut mettre fin au contrat, ce qui vous oblige à retirer votre hébergement. Une clause résolutoire ne joue en principe qu’après une mise en demeure restée sans effet qui la mentionne expressément. Sans clause, l’exploitant ne peut résilier lui-même, à ses risques, qu’en cas de manquement grave et après une mise en demeure vous laissant un délai raisonnable, décision que vous pouvez contester devant le juge ; il peut aussi saisir le juge, qui peut vous accorder un délai. En cas de difficulté, proposez un échéancier par écrit avant l’échéance.
Peut-on négocier la redevance avant de signer ?
Le montant de départ bouge surtout dans un parc qui a des emplacements libres. Les autres termes du contrat valent souvent davantage la discussion : indice et plafond de révision, durée et conditions de reconduction, services compris, conditions de cession du contrat et commission. Tout ce que vous obtenez doit être écrit dans le contrat ou dans un avenant signé pour vous servir à l’échéance.