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Il n’existe pas de contrat type d’emplacement en parc résidentiel de loisirs, et c’est précisément pourquoi il faut savoir lire celui qu’on vous tend. Le droit n’impose pas un modèle, il impose une information : avant toute location d’un emplacement à l’année, l’exploitant doit remettre une notice dont le contenu est fixé par arrêté, et vous attestez en avoir pris connaissance (Code du tourisme, article D. 333-4 ; arrêté du 17 février 2014, annexe II). Ce qui n’est pas dans la notice et dans le contrat n’existe pas, et ce qui y est vous engage pour la durée du contrat.
Cette page commente trois écrits, clause par clause : le contrat d’emplacement en régime hôtelier, la promesse de vente d’une parcelle en parc à cession, et la demande écrite à l’exploitant, celle qui précède tout engagement. Elle ne fournit pas de modèle à recopier, parce qu’un modèle recopié sans son contexte est la première cause de litige ; elle donne, pour chaque clause, ce que la loi impose, ce qui se négocie et ce qu’il faut refuser. La lecture d’ensemble des documents d’un parc est sur contrats et documents d’un PRL.
Le contrat d’emplacement : ce que la notice doit contenir, et ce que le contrat doit reprendre
L’annexe II de l’arrêté du 17 février 2014 fixe le contenu minimal de la notice remise avant la signature. Elle doit préciser le numéro SIRET de l’exploitant, la période d’ouverture du parc, le numéro et la surface de l’emplacement avec la disposition de l’hébergement dessus, les conditions de renouvellement, et, si vous avez participé aux frais d’installation de votre hébergement, les conditions d’indemnisation en cas de non-renouvellement à l’initiative du gestionnaire. Elle identifie le propriétaire et les personnes admises à séjourner, décrit la résidence mobile (marque, modèle, couleur, dates de fabrication et d’acquisition, surface, capacité) et son fournisseur avec ses conditions de garantie. L’arrêté du 24 décembre 2014 y ajoute, pour toute location d’emplacement à l’année, la durée et le prix avec les modalités de règlement, les conditions de renouvellement et de modification avec les modalités de revalorisation du loyer, les modalités de résiliation anticipée avec frais, pénalités et préavis, et le prix des services indispensables, transport, calage, branchement, eau, électricité et gaz, ou la mention qu’ils sont compris (article 3).
Un contrat qui ne reprend pas ces points, ou une notice qui ne vous a pas été remise, sont les deux premiers motifs de ne pas signer. Les clauses suivantes sont celles qui décident de la suite.
| Clause | Ce que la loi impose | Ce qui se négocie | Ce qu’il faut refuser ou faire préciser |
|---|---|---|---|
| Durée et renouvellement | Les conditions de renouvellement et de modification doivent figurer dans la notice (arrêté du 24 décembre 2014) | Contrat d’un an renouvelable ou durée plus longue ; délai dans lequel l’exploitant fait connaître sa décision | Un renouvellement « à la discrétion du gestionnaire » sans délai ni motif, sans indemnisation si vous avez financé l’installation |
| Redevance et révision | Prix, modalités de règlement et de revalorisation dans la notice | Ce que la redevance comprend : eau, électricité, accès aux équipements, hivernage | Une révision « selon les charges du parc » sans indice ni plafond, ou des services indispensables facturés en plus sans tarif écrit |
| Résiliation anticipée | Frais, pénalités et préavis dans la notice | Un préavis raisonnable de part et d’autre, un sort du solde de redevance en cas de vente en cours d’année | Une résiliation possible par le seul exploitant, sans préavis, ou une pénalité sans rapport avec le préjudice |
| Âge limite et vétusté | La vétusté s’apprécie sur un descriptif contradictoire (état intérieur et extérieur, châssis, mobilité, sécurité, équipements), pas sur l’âge seul (arrêté du 17 février 2014) | Le descriptif signé à l’entrée, ses mises à jour | Une clause qui impose le retrait de l’hébergement à un âge fixe sans descriptif contradictoire |
| Vente de l’hébergement sur place | Une commission au gestionnaire peut être convenue, d’un montant fixé au préalable, pour la prise en charge effective des visites et de la commercialisation | Le taux, ce qu’il couvre, la possibilité de vendre vous-même | Une commission due même sans intervention du gestionnaire, ou un droit d’agrément de l’acheteur sans critère ni délai |
| Sous-location | L’exploitant et le locataire se mettent d’accord sur ses conditions | Libre, déclarée, par l’exploitant seul, ou interdite, avec le partage des recettes | Un silence du contrat, qui vaudra interdiction le jour du désaccord |
| Règlement intérieur | Modèle type obligatoire ; six mois d’information avant toute modification substantielle | Rien, il s’impose à tous | Un contrat qui renvoie à un règlement que vous n’avez pas reçu |
| Assurance | La notice rappelle que le locataire doit disposer d’une assurance couvrant l’hébergement, vol, incendie, explosion et responsabilité civile | Le niveau de garantie | Une obligation de souscrire auprès d’un assureur imposé |
Deux règles de lecture complètent ce tableau. La première : dans un contrat entre un professionnel et un consommateur, une clause qui crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties est abusive et réputée non écrite (Code de la consommation, article L. 212-1) ; ce n’est pas une raison de signer une mauvaise clause en comptant sur le juge, c’est un argument pour la faire retirer avant. La seconde : le règlement intérieur type permet à l’exploitant, après mise en demeure, de résilier le contrat en cas d’infraction grave ou répétée (arrêté du 17 février 2014, annexe I, point 14) ; lisez le règlement avec le contrat, pas après. Le détail de la redevance et de ses clauses est sur redevance d’emplacement, contrat, révision, renouvellement, et ce que l’exploitant vous doit sur exploitant de PRL, ce qu’il vous doit, ce qu’il décide.
La promesse de vente d’une parcelle : ce qui doit y être avant le notaire
En parc à cession, la vente passe par un acte notarié, et c’est le notaire qui rédige la promesse ou le compromis. Mais la promesse se prépare avant lui, et une promesse acceptée engage : la promesse de vente vaut vente lorsqu’il y a consentement réciproque sur la chose et sur le prix (Code civil, article 1589). Ce qui doit y figurer tient en six points, que vous pouvez exiger avant de signer quoi que ce soit.
La désignation exacte : la parcelle par sa référence cadastrale et sa surface, l’hébergement qui y est installé, par sa marque, son modèle et son année, avec la répartition du prix entre le terrain et l’hébergement, parce que les deux ne suivent pas la même fiscalité. Les documents annexés : les statuts de l’association syndicale, son règlement, le cahier des charges, les trois derniers procès-verbaux et le budget, et un relevé des sommes dues par le vendeur à l’association. Les droits et obligations de l’association sont attachés à la parcelle et vous suivent : le notaire notifie la mutation à l’association, qui peut faire valoir ce qui lui est dû (ordonnance du 1er juillet 2004, articles 3 et 6). Les conditions suspensives : l’obtention de votre financement si vous en avez un, l’absence de servitude ou de risque révélé par les pièces d’urbanisme, et, si le parc est sous régime mixte, l’accord de l’exploitant pour les services. L’état de l’hébergement : un état contradictoire annexé, avec la liste de ce qui est compris. La garantie : la mention de ce que le vendeur garantit ou non sur l’hébergement, bien meuble vendu avec le terrain (Code civil, articles 1641 et 1643). Et la date de remise des clés avec le sort de la cotisation de l’année en cours.
Ce que vous ne trouverez pas dans la promesse, et qu’il ne faut pas y chercher : un délai de rétractation de plein droit, que le Code de la construction réserve aux immeubles à usage d’habitation. Les étapes de l’achat d’une parcelle et la place du notaire sont sur acheter la bonne parcelle, et le fonctionnement de l’association sur l’association syndicale d’un PRL.
La demande écrite à l’exploitant : la trame qui précède tout engagement
Avant d’acheter un hébergement sur un emplacement loué, vous avez besoin d’un écrit de l’exploitant, et la plupart des litiges viennent de ce qu’il n’a jamais été demandé. La trame tient en une page, envoyée par courriel ou par lettre, avec une date de réponse souhaitée. Elle demande d’abord la notice d’information et le contrat type, le règlement intérieur et le tarif des prestations, ce que l’exploitant doit de toute façon remettre avant la signature. Elle demande ensuite une réponse écrite sur quatre points propres à votre achat : l’exploitant acceptera-t-il de vous consentir un contrat d’emplacement pour cet hébergement, à cet emplacement, et pour quelle durée ; quels frais facture-t-il pour le changement de titulaire, et qui les supporte ; la sous-location est-elle autorisée, à quelles conditions et contre quelle commission ; l’hébergement que vous achetez est-il sous l’âge limite, et comment cet âge s’apprécie-t-il. Elle demande enfin le descriptif contradictoire de vétusté qui sera établi à votre entrée, et la date d’ouverture et de fermeture du parc.
La réponse, datée et signée, se classe dans le dossier avec le contrat. Une absence de réponse est aussi une réponse. Les questions à poser lors de la visite, avant même cet écrit, sont sur questions à poser à l’exploitant avant d’acheter, et les documents à obtenir du vendeur sur les documents à demander avant toute signature.
Les trois écrits, en une page
| Écrit | Qui le rédige | Ce qu’il engage | Ce qu’il faut avoir reçu avant de le signer |
|---|---|---|---|
| Contrat d’emplacement | L’exploitant, sur son modèle | Votre droit d’occuper l’emplacement, pour la durée et aux conditions écrites | La notice d’information, le règlement intérieur, le tarif des prestations, la réponse écrite sur le maintien de l’hébergement |
| Promesse de vente de parcelle | Le notaire, à partir de ce que les parties ont convenu | La vente elle-même, dès l’accord sur la chose et le prix | Statuts, règlement, cahier des charges, procès-verbaux, budget, relevé des sommes dues, état de l’hébergement |
| Demande écrite à l’exploitant | Vous | Rien : elle précède l’engagement et le conditionne | Une visite du parc et la lecture de l’annonce |
Ce que cette page ne fait pas
Elle ne remplace pas la lecture de votre propre contrat, ni l’avis d’un notaire pour une parcelle ou d’un conseil pour un contrat d’emplacement dont une clause vous paraît déséquilibrée. Elle ne cite pas de contrat réel, parce que chaque parc a le sien et que les clauses changent d’un exploitant à l’autre. Si un désaccord survient après la signature, la méthode et les preuves à réunir sont sur conflit en PRL, la méthode et les preuves, et les recours sur éviter les pièges et les litiges.
Sources
- Arrêté du 17 février 2014 relatif à l’obligation pour les terrains de camping et les parcs résidentiels de loisirs de disposer d’un modèle de règlement intérieur et d’une notice d’information sur les conditions de location des emplacements à l’année, annexes I et II
- Arrêté du 24 décembre 2014 relatif à l’information préalable du consommateur dans les établissements hôteliers de plein air, article 3
- Code du tourisme, article D. 333-4, règlement intérieur type et notice d’information des parcs sous régime hôtelier
- Code de la consommation, article L. 212-1, clauses abusives dans les contrats entre professionnels et consommateurs
- Code civil, article 1589, la promesse de vente vaut vente lorsqu’il y a consentement réciproque sur la chose et sur le prix
- Code civil, article 1641, garantie des vices cachés
- Code civil, article 1643, clause d’exclusion de garantie
- Ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004, article 3, droits et obligations attachés aux parcelles, avis de mutation
- Ordonnance n° 2004-632, article 6, hypothèque légale de l’association syndicale
- Code de la construction et de l’habitation, article L. 271-1, délai de rétractation réservé aux immeubles à usage d’habitation
Textes relus dans leur version en vigueur au 13 octobre 2026. Cette page ne reproduit aucun contrat réel.
Foire aux questions
L’exploitant est-il obligé de me remettre un contrat écrit ?
Il est obligé de vous remettre, avant la signature, une notice d’information dont le contenu est fixé par arrêté, et de vous faire attester que vous en avez pris connaissance (Code du tourisme, article D. 333-4). Un contrat de location d’emplacement sans cet écrit préalable est un contrat conclu hors des règles : ne le signez pas, et demandez la notice par écrit.
Puis-je faire modifier le contrat type de l’exploitant ?
Rien ne l’interdit, et certaines clauses s’y prêtent : ce que la redevance comprend, la durée, les conditions de sous-location et de vente sur place, le délai de réponse sur le renouvellement. Demandez par écrit, obtenez la réponse par écrit, et faites porter les modifications sur le contrat lui-même ou sur un avenant signé. Une promesse orale de l’accueil ne modifie pas un contrat.
Que vaut une clause qui me paraît déséquilibrée ?
Dans un contrat entre un professionnel et un consommateur, une clause qui crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties est abusive et réputée non écrite (Code de la consommation, article L. 212-1). Mais le constater suppose un litige. Il vaut mieux faire retirer la clause avant de signer, ou renoncer à l’emplacement, que compter sur cette règle après.
Faut-il un notaire pour un contrat d’emplacement ?
Non : c’est un contrat de location, signé entre vous et l’exploitant, qui ne porte pas sur la propriété du sol. Le notaire intervient pour l’achat d’une parcelle en parc à cession, parce qu’il s’agit d’un immeuble. Pour un contrat d’emplacement dont une clause vous inquiète, un conseil peut le relire, mais l’essentiel se joue sur la notice et sur vos demandes écrites.
Que doit contenir ma demande écrite à l’exploitant avant d’acheter ?
La demande des documents qu’il doit remettre, notice, contrat type, règlement, tarifs, puis quatre questions propres à votre achat : acceptera-t-il un contrat d’emplacement pour cet hébergement à cet endroit et pour quelle durée, quels frais de changement de titulaire, quelles conditions de sous-location et de vente sur place, et comment s’apprécie l’âge limite. Fixez une date de réponse et conservez l’échange.