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Louer son mobil-home ou son chalet de parc résidentiel de loisirs à la semaine, par une plateforme ou en direct, suppose quatre vérifications, dans cet ordre : ce que votre parc autorise, ce que vous devez déclarer, qui collecte la taxe de séjour, et comment vos recettes sont imposées. Les règles ont changé le 20 mai 2026 avec l’entrée en vigueur du téléservice national prévu par la loi du 19 novembre 2024. Cet article les reprend texte par texte, et renvoie aux pages du site qui chiffrent le reste : les revenus et lignes de coûts de la location, la fiscalité et la taxe de séjour.

Le parc d’abord : le droit de louer est écrit, ou il n’existe pas
Avant toute annonce, relisez ce qui vous lie au parc. Sous régime hôtelier, c’est le contrat d’emplacement et le règlement intérieur : ils peuvent autoriser la location, la réserver à l’exploitant qui loue pour votre compte contre une commission, la soumettre à son accord, ou l’interdire. En parc à cession, ce sont les statuts de l’association et le cahier des charges. Cherchez les mots « sous-location », « location à des tiers », « occupation par des personnes étrangères au contrat ».
Une tolérance orale ne vaut rien le jour où le gestionnaire change ou qu’un voisin se plaint. Si le texte exige un accord, demandez-le par écrit, même en trois lignes, et conservez la réponse. Si le texte interdit, la seule voie est de faire modifier le règlement ou les statuts selon leurs propres règles de vote ; louer malgré l’interdiction expose à la résiliation du contrat ou aux sanctions prévues par les statuts, et à voir votre assureur discuter sa garantie. Les clauses de location des contrats d’emplacement sont détaillées sur notre page mobil-home en PRL et contrat d’emplacement.
La déclaration : un téléservice national depuis le 20 mai 2026
Depuis le 20 mai 2026, toute personne qui offre un meublé de tourisme à la location procède elle-même, avant la première annonce, à une déclaration soumise à enregistrement sur un téléservice national (Code du tourisme, article L. 324-1-1, III). Le téléservice délivre un numéro de déclaration, transmis à la commune, que les plateformes demandent à la création de l’annonce. La déclaration précise si le logement est votre résidence principale, se met à jour en cas de changement et se renouvelle à l’échéance fixée par décret. Ne pas déclarer expose à une amende administrative de la commune pouvant atteindre 10 000 €, une fausse déclaration à 20 000 €.
Un hébergement de PRL est-il un « meublé de tourisme » au sens de ce texte ? L’article vise les villas, appartements et studios meublés loués à une clientèle de passage. Un chalet y ressemble ; un mobil-home, résidence mobile de loisirs, est un cas que le texte ne tranche pas. Dans le doute, déclarez : la démarche est gratuite, elle ne crée aucune obligation nouvelle en PRL, et c’est l’absence de déclaration qui est sanctionnée, jamais son excès. Elle vous servira aussi pour le classement en meublé de tourisme, qui change votre fiscalité comme vous le lirez plus bas.
Deux limites dont on vous parlera et qui ne vous concernent pas. Le plafond de 120 jours de location par an, que la commune peut abaisser à 90, ne vise que le meublé déclaré comme résidence principale du loueur (article L. 324-1-1, IV) : un hébergement de PRL ne peut pas être une résidence principale, la question ne se pose donc pas. L’autorisation de changement d’usage ne vise que les locaux d’habitation des communes qui l’ont instituée ; dans ces mêmes communes, le conseil municipal peut aussi soumettre à autorisation la location en meublé de tourisme d’un local qui n’est pas à usage d’habitation (IV bis). Si votre parc est dans une commune de ce type, le plus souvent une grande ville ou une station très tendue, posez la question au service urbanisme avant de louer.
La taxe de séjour : collectée par la plateforme, ou par vous
Dans une commune qui a institué la taxe de séjour, chaque nuitée louée y est soumise. Depuis le 1er janvier 2019, les plateformes qui assurent la réservation et encaissent le paiement pour le compte de loueurs non professionnels sont tenues de la percevoir et de la reverser (Code général des collectivités territoriales, article L. 2333-33) : ce n’est pas une convention locale, c’est la loi. Si vous louez en direct, la perception et le reversement vous reviennent, aux échéances fixées par la commune. Le barème ne comporte pas de ligne propre aux parcs résidentiels de loisirs : votre hébergement relève des terrains d’hébergement de plein air, ou des meublés de tourisme s’il est classé comme tel. Les tarifs et la procédure sont sur notre page taxe de séjour et taxes locales.
Vos recettes : micro-BIC à 30 % ou à 50 %, selon le classement
Les loyers d’une location meublée sont des bénéfices industriels et commerciaux. Au régime micro-BIC, l’administration applique un abattement forfaitaire sur vos recettes et impose le reste. Depuis la loi du 19 novembre 2024, applicable aux revenus perçus en 2025, l’abattement est de 30 % pour un meublé de tourisme non classé, avec un plafond de recettes de 15 000 €, et de 50 % pour un meublé de tourisme classé, avec un plafond de 77 700 € pour les revenus 2025 et 83 600 € pour les revenus 2026. Les chiffres « 50 % et 71 % » que l’on lit encore sont ceux d’avant la réforme. Au-delà du plafond deux années de suite, le régime réel s’applique de plein droit ; en dessous, vous pouvez l’adopter sur option si vos charges réelles, amortissement compris, dépassent l’abattement.
Le classement en meublé de tourisme, volontaire, se demande à un organisme accrédité et vaut cinq ans. Pour un propriétaire qui loue quelques semaines, il fait passer l’abattement de 30 à 50 % et le plafond de 15 000 à 77 700 € : c’est souvent la seule décision fiscale qui compte. Les deux régimes, les seuils actualisés et les cas où la TVA se pose sont détaillés sur notre pilier fiscalité et comptabilité. Dans tous les cas, les recettes se déclarent, même entièrement couvertes par l’abattement.
Plateforme ou location en direct
La plateforme prend une commission, dont le taux et l’assiette sont dans ses conditions et nulle part ailleurs, et fournit en échange la visibilité, l’encaissement, la collecte de la taxe de séjour et un premier niveau de traitement des litiges. En direct, vous gardez la commission et récupérez tout le reste : contrat écrit avec prix et descriptif des lieux, encaissement, dépôt de garantie, état des lieux, taxe de séjour, litiges. Le calcul se fait sur votre volume : pour quelques semaines par an, le temps passé en direct coûte souvent plus que la commission économisée. La voie habituelle est de commencer par une plateforme, puis de passer en direct avec les locataires qui reviennent.
Les garanties que proposent les plateformes sont contractuelles : lisez leurs conditions, leurs exclusions et leurs plafonds avant de compter dessus. Elles ne remplacent pas votre assurance, qui doit couvrir expressément la mise en location saisonnière de l’hébergement, les dommages hors périodes louées et votre responsabilité dans les parties communes du parc. Demandez à votre assureur une réponse écrite qui nomme la location, et au parc s’il exige une attestation. Les obligations du locataire et le dépôt de garantie sont traités sur revenus et lignes de coûts de la location. Ce que l’assurance doit nommer quand vous louez, et ce que les plateformes ne couvrent pas, est détaillé sur assurer son mobil-home ou son chalet en PRL.
Sources
- Code du tourisme, article L. 324-1-1, version en vigueur depuis le 20 mai 2026 : déclaration sur le téléservice national, limite de 120 jours pour la résidence principale, amendes
- Code général des collectivités territoriales, article L. 2333-33, perception de la taxe de séjour par les plateformes intermédiaires de paiement
- BOFiP, BOI-BIC-DECLA-10-10-20, version du 19 août 2026, régime micro-BIC, seuils et abattements
- Service-public.fr, revenus d’une location meublée
- Entreprendre.service-public.fr, taxe de séjour, fiche vérifiée le 1er janvier 2026
- Code de l’urbanisme, article R. 111-41, définition de la résidence mobile de loisirs
Textes relus dans leur version en vigueur au 13 octobre 2026. Les plafonds du micro-BIC pour les revenus 2026 sont ceux du BOFiP du 19 août 2026.