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La lettre de l'immobilier de loisirs, chaque mois.
Un pourcentage de rendement ne décide de rien tout seul
Une brochure annonce un rendement. Elle ne dit pas sur quel montant il est calculé, elle n’indique pas si la provision de renouvellement de l’hébergement y figure, et elle s’arrête avant l’impôt. Ces trois omissions suffisent à doubler un chiffre.
Cette page ne redéfinit rien. Le pilier Investissement fixe les indicateurs, la méthode de calcul détaille les postes. Ici, les deux sont appliqués à deux projets complets, sur trois hypothèses d’activité, et les résultats sortent en euros.
Un seul pourcentage de rendement apparaît par cas, pour un seul usage : vérifier que l’année moyenne tombe dans la fourchette de 2 à 5 % de rendement net avant impôt que nous observons. Le premier cas y tombe, le second non, et la suite dit pourquoi.
Les deux cas ne portent pas sur le même produit
L’appariement retenu ici est commandé par un texte. L’article R. 111-42, 1° du Code de l’urbanisme interdit d’installer une résidence mobile de loisirs, donc un mobil-home, dans un parc créé après le 1er octobre 2007 et exploité par cession d’emplacements ou par location d’emplacements de plus d’un an, les deux conditions étant cumulatives. D’où le cas 1 : un mobil-home dans un parc à régime hôtelier, où l’emplacement se loue pour une durée qui n’excède pas un an. Et le cas 2 : un chalet démontable ou transportable, habitation légère de loisirs au sens de l’article R. 111-37, posé sur une parcelle achetée dans un parc à cession.
Dans un parc à régime hôtelier, vous payez une redevance d’emplacement, fixée par l’exploitant. Dans un parc à cession, vous êtes propriétaire de votre parcelle et membre d’une association syndicale libre, régie par l’ordonnance du 1er juillet 2004 qui a remplacé la loi du 21 juin 1865. Elle gère les voiries, les réseaux et les espaces communs, et vous y payez une cotisation votée en assemblée. Un parc résidentiel de loisirs n’est jamais une copropriété : ni syndic, ni tantièmes, ni loi de 1965.
Comment ces trois scénarios sont construits
Trois entrées suffisent à faire tourner un scénario : le nombre de semaines louées en juillet et en août, le nombre de semaines louées en arrière-saison, et le tarif de la semaine dans chacune des deux périodes. Tout le reste se déduit.
Il n’existe aucune statistique publique sur les parcs résidentiels de loisirs. L’INSEE exclut de son enquête sur le parc et la fréquentation des campings les campings à vocation exclusivement résidentielle, et aucune fédération professionnelle ne publie de données de prix, de charges ou de rendement. Les ordres de grandeur ci-dessous sont ceux que nous observons ; ils ne remplacent pas les comptes du parc et les chiffres du vendeur, que vous devez exiger.
- Occupation de juillet et août : 70 à 85 % des semaines commercialisables sur la période.
- Occupation annuelle : 25 à 35 % sur le littoral, 15 à 20 % en zone rurale, semaines louées rapportées à 52.
- Part de juillet et août dans les recettes : 55 à 70 %.
- Tarif de la semaine de haute saison : 600 à 1 100 € sur la façade atlantique, 450 à 800 € à l’intérieur des terres, pour six à huit personnes et hors ménage.
- Commission de commercialisation : 3 à 15 % pour une plateforme, 15 à 30 % pour une conciergerie, 25 à 35 % pour un mandat facultatif confié à l’exploitant, 30 à 45 % pour un mandat obligatoire.
- Coût annuel complet de détention : 3 000 à 8 000 €, cotisation ou redevance, assurance, taxes, consommations, entretien et provision comprises.
Les deux cas retiennent 12 % de commission, soit une commercialisation en direct par plateforme. Le choix pèse lourd : au taux d’un mandat obligatoire, 35 %, l’année moyenne du cas 1 basculerait de 1 016 € à moins 582 €. Vérifiez dans le règlement du parc si la location vous est laissée libre.
La provision de renouvellement est la ligne que les tableaux commerciaux oublient, et c’est elle qui déplace le résultat. Pour le chalet, nous retenons 2 000 € par an, milieu de la fourchette de 1 600 à 2 400 € que représentent 40 000 à 60 000 € de bardage, toiture, menuiseries et lasure étalés sur vingt-cinq ans. Pour le mobil-home, elle se déduit du barème de décote de la Fédération française des campeurs, caravaniers et camping-caristes, qui laisse 30 à 40 % de la valeur d’un modèle neuf à dix ans : appliqué à un prix d’occasion de 22 000 €, il donne environ 1 400 € par an. L’hypothèse est volontairement prudente, puisqu’elle applique à un bien déjà d’occasion la courbe d’un neuf. L’âge réel de l’hébergement, que le vendeur doit vous donner, la resserre.
Cas construits. Les deux projets ci-dessous sont assemblés pour la démonstration. Les fourchettes d’occupation, les tarifs de haute saison et les postes de charges viennent de ce que nous observons ; les tarifs d’arrière-saison, eux, sont des hypothèses propres à ces cas, aucune donnée publique ne les mesurant. Remplacez-les par la grille tarifaire du parc que vous visitez avant de conclure quoi que ce soit sur votre propre dossier.
Cas 1 : mobil-home d’occasion, parc à régime hôtelier, littoral atlantique
Coût total d’acquisition : 30 000 €, soit 22 000 € pour le mobil-home d’occasion, 2 500 € de transport et d’installation, 1 200 € de raccordements et de mise en service, 2 500 € de mobilier et d’équipement, et 1 800 € de frais de dossier et de première assurance. C’est ce montant complet qui sert de dénominateur. Neuf semaines sont commercialisables en juillet et en août.
| Poste | Année difficile | Année moyenne | Année excellente |
|---|---|---|---|
| Semaines juillet-août | 5 sur 9 | 7 sur 9 | 8 sur 9 |
| Semaines arrière-saison | 3 | 6 | 10 |
| Tarif haute saison | 600 € | 650 € | 800 € |
| Tarif arrière-saison | 380 € | 400 € | 460 € |
| Recettes | 4 140 € | 6 950 € | 11 000 € |
| Charges fixes | 4 750 € | 4 750 € | 4 750 € |
| Entretien courant | 250 € | 350 € | 450 € |
| Commission 12 % | 497 € | 834 € | 1 320 € |
| Total des charges | 5 497 € | 5 934 € | 6 520 € |
| Résultat avant impôt | moins 1 357 € | 1 016 € | 4 480 € |
Charges fixes : redevance d’emplacement 2 600 €, provision de renouvellement 1 400 €, assurance, cotisation foncière des entreprises, taxes et consommations non refacturées 750 €. La cotisation foncière des entreprises n’est pas due l’année de création et n’est comptée que sur une base réduite de moitié la deuxième année.
L’année moyenne dégage un peu plus de 1 000 €, soit 3,4 % du coût total d’acquisition : le scénario tombe dans la fourchette de 2 à 5 %, et le modèle tient. Deux contrôles le confirment. Treize semaines louées sur l’année font 25 % d’occupation, bas de la fourchette littorale, et juillet et août pèsent 65 % des recettes. L’année difficile, elle, sort de la fourchette par le bas, ce qui est la définition d’une mauvaise année, et l’année excellente en sort par le haut.
Cas 2 : chalet sur parcelle achetée, parc à cession, arrière-pays provençal
Coût total d’acquisition : 110 000 €, soit 45 000 € pour la parcelle, 3 400 € de frais d’acquisition entre particuliers, dans la fourchette de 7 à 8 % du prix que nous observons, 55 000 € pour le chalet équipé, 4 500 € de transport, d’installation et de raccordements, et 2 100 € d’aménagement extérieur. Si le vendeur est un professionnel assujetti, la vente peut relever de la TVA et le calcul d’entrée change : notre page consacrée à la TVA traite ce cas, que le notaire chiffre sur l’avant-contrat.
La saison utile est plus courte à l’intérieur des terres : huit semaines commercialisables en juillet et en août, même canal de commercialisation, même commission de 12 %.
| Poste | Année difficile | Année moyenne | Année excellente |
|---|---|---|---|
| Semaines juillet-août | 4 sur 8 | 6 sur 8 | 7 sur 8 |
| Semaines arrière-saison | 3 | 4 | 6 |
| Tarif haute saison | 500 € | 620 € | 750 € |
| Tarif arrière-saison | 330 € | 400 € | 450 € |
| Recettes | 2 990 € | 5 320 € | 7 950 € |
| Charges fixes | 4 700 € | 4 700 € | 4 700 € |
| Entretien courant | 300 € | 400 € | 500 € |
| Commission 12 % | 359 € | 638 € | 954 € |
| Total des charges | 5 359 € | 5 738 € | 6 154 € |
| Résultat avant impôt | moins 2 369 € | moins 418 € | 1 796 € |
Charges fixes : cotisation d’association syndicale 1 200 €, provision de renouvellement 2 000 €, assurance, cotisation foncière des entreprises, taxes foncières et consommations 1 500 €.
L’année moyenne se solde par un déficit de 418 €, soit moins 0,4 % du coût total d’acquisition. Ce cas échoue donc au contrôle annoncé en tête de page, et il l’échoue pour une raison qui n’est pas une erreur de modèle : dix semaines louées à un tarif d’intérieur des terres ne couvrent pas la provision de renouvellement d’un chalet.
Ce montage se paie sur deux postes que le tableau ne mesure pas : le foncier, qui suit le marché local au lieu de se déprécier comme un hébergement, et votre propre usage, que la section suivante chiffre.

Les deux projets coûtent d’ailleurs presque la même chose à détenir, environ 5 100 € par an, pour des capitaux engagés qui vont de un à près de quatre.
Ce que les tableaux ne disent pas
Les deux tableaux s’arrêtent au résultat avant impôt, et ils ne comptent pas les semaines que vous vous réservez. Ces deux postes déplacent les conclusions plus que n’importe quelle hypothèse d’occupation.
L’impôt, qui ne se calcule pas sur votre résultat
Les revenus d’une location meublée relèvent des bénéfices industriels et commerciaux, jamais des revenus fonciers : c’est l’article 35, I, 5° bis du Code général des impôts qui le pose. Au régime micro, l’impôt se calcule sur les recettes diminuées d’un abattement forfaitaire, et non sur votre résultat. Il reste donc dû quand l’année est déficitaire.
Le taux de l’abattement et le plafond de recettes dépendent de la qualification exacte de votre location : meublé de tourisme classé, non classé, ou autre location meublée. C’est le premier point à faire trancher, avant même de calculer. Sous l’hypothèse d’une location non classée, abattement de 30 % et plafond de 15 000 €, l’année moyenne du cas 1 est imposée sur 4 865 € pour 6 950 € encaissés.
Pour un foyer dans la tranche à 30 %, s’ajoutent 18,6 % de prélèvements sociaux : la ponction atteint 48,6 %, environ 46,6 % une fois l’effet de la contribution sociale généralisée déductible pris en compte, soit près de 2 270 €. Le résultat de 1 016 € devient une perte d’environ 1 250 €.
Le régime réel change la donne : les charges se déduisent pour leur montant réel et l’hébergement s’amortit, dans la limite posée par le 2 du II de l’article 39 C du Code général des impôts, qui interdit à cet amortissement de créer un déficit. Il ne supprime pas l’impôt, il le reporte : les amortissements déduits sont retranchés du prix d’acquisition à la revente et augmentent d’autant la plus-value imposable. Le pilier Fiscalité donne les seuils et les conditions de chaque régime. Tranchez ce point avant de signer.
Votre propre usage, qui se paie en recettes abandonnées
Chaque semaine que vous vous réservez est une semaine que vous ne louez pas. Dans le cas 1, deux semaines d’arrière-saison prises pour soi coûtent 800 € de recettes, dont il faut retirer 96 € de commission économisée : le résultat de l’année moyenne descend à 312 €, et l’usage reste absorbé.
Dans le cas 2, quatre semaines pour soi retirent 1 408 € au résultat, qui passe à moins 1 826 € avant impôt. L’impôt du régime micro restant dû sur les 3 720 € encaissés, ajoutez environ 1 215 €. Le coût net de l’année ressort à 3 039 € pour vingt-huit nuits occupées, soit 109 € la nuit. C’est le coût d’usage, et c’est le bon indicateur pour ce montage : comparez-le au prix d’une location équivalente dans la même zone.
Les quatre variables qui font basculer une année
- Une semaine de juillet ou d’août non louée. Dans le cas 1, elle retire 650 € de recettes et n’économise que 78 € de commission. Le résultat de l’année moyenne passe de 1 016 à 444 €. Aucune autre variable ne pèse autant.
- Une hausse de la redevance ou de la cotisation. Dix pour cent sur la redevance du cas 1 représentent 260 € par an, sans contrepartie de recettes, et cette hausse ne redescend pas l’année suivante.
- Un sinistre non couvert. Un dégât des eaux dû au gel, une franchise élevée ou une exclusion de garantie absorbent le résultat d’une année entière.
- La décote. Le barème de la Fédération française des campeurs, caravaniers et camping-caristes donne 30 % de perte la première année, 15 % la deuxième, 10 % la troisième, puis environ 7 % par an, pour une valeur résiduelle de 30 à 40 % à dix ans. Un chalet perd 2 à 4 % par an, ce qui lui laisse environ 85 % de son prix à cinq ans et 65 % à dix ans, la parcelle suivant le marché foncier local. La durée de détention traite ce point en propre.
Les trois premières se surveillent en cours d’année, à condition d’avoir posé les compteurs avant la première saison : le tableau de suivi donne les indicateurs mensuels et les seuils qui déclenchent une décision.
Le stress test : deux mauvaises années de suite
Posez-vous la question dans ce sens : si deux années difficiles s’enchaînent, quel est le déficit cumulé, et pouvez-vous le couvrir sans emprunter ni revendre dans l’urgence ?
Le cas 1 demande 2 714 € sortis de votre poche sur deux ans. Le cas 2 en demande 4 738. Ces montants ne se confondent pas avec la réserve de trésorerie de trois mois de charges fixes que nous recommandons, environ 1 200 € dans les deux projets : celle-ci sert à passer le creux de février à mai, quand les charges courent sans recettes. Il faut les deux.
Ce constat n’invalide aucun des deux projets. Il fixe l’épargne disponible à avoir devant soi le jour de la signature, montant qui ne figure sur aucune brochure.
- Décidez sur le scénario moyen, résistez sur le scénario difficile. Le scénario excellent ne sert qu’à mesurer le potentiel.
- Le contrôle de vraisemblance à faire en premier : rapporté au coût total d’acquisition, le résultat avant impôt de votre année moyenne doit tomber entre 2 et 5 %. L’après-impôt, lui, est souvent négatif au régime micro.
- Une provision de renouvellement absente fait souvent plus que doubler un résultat affiché, et peut à elle seule en changer le signe. Exigez-la dans tout prévisionnel qu’on vous présente.
- Un chalet sur parcelle achetée dans l’arrière-pays ne se rembourse pas par la location. Il se juge sur le foncier conservé et sur le coût d’usage à la nuit.
- Prévoyez de quoi absorber deux années difficiles, en plus de la réserve de trésorerie courante.
Sources
- Code de l’urbanisme, article R. 111-41 : la résidence mobile de loisirs est un véhicule terrestre habitable destiné à une occupation temporaire ou saisonnière à usage de loisirs, qui conserve des moyens de mobilité mais que le code de la route interdit de faire circuler
- Code de l’urbanisme, article R. 111-37 : l’habitation légère de loisirs est une construction démontable ou transportable destinée à une occupation temporaire ou saisonnière à usage de loisirs
- Code de l’urbanisme, article R. 111-38 : lieux d’implantation des habitations légères de loisirs, dont les parcs résidentiels de loisirs spécialement aménagés à cet effet
- Code de l’urbanisme, article R. 111-42, 1° : les résidences mobiles de loisirs sont exclues des parcs créés après le 1er octobre 2007 et exploités par cession d’emplacements ou par location d’emplacements d’une durée supérieure à un an, les deux conditions étant cumulatives
- Code général des impôts, article 35, I, 5° bis : les personnes qui donnent en location directe ou indirecte des locaux d’habitation meublés relèvent des bénéfices industriels et commerciaux
- Code général des impôts, article 50-0 : régime micro, plafonds de recettes et taux d’abattement selon la qualification de la location
- Code général des impôts, article 39 C, 2 du II : l’amortissement d’un bien donné en location ne peut pas excéder le loyer diminué des autres charges, et ne peut donc pas créer de déficit
- Code général des impôts, article 150 VB, III : les amortissements déduits sont retranchés du prix d’acquisition au moment de la revente
Deux textes sont cités sans lien, faute de version en vigueur librement consultable : l’ordonnance n° 2004-632 du 1er juillet 2004 relative aux associations syndicales de propriétaires, qui a remplacé la loi du 21 juin 1865, et son décret d’application n° 2006-504 du 3 mai 2006. Ce qui les concerne n’est énoncé ici qu’au niveau où d’autres textes le rendent vérifiable.
Note de méthode. Les fourchettes d’occupation, les tarifs de haute saison, les taux de commission, le coût annuel de détention, la provision de renouvellement d’un chalet et le barème de décote sont les valeurs de marché que nous observons et que nous tenons à jour pour l’ensemble du site. Le barème de décote est celui de la Fédération française des campeurs, caravaniers et camping-caristes ; il n’est pas publié en ligne sous une forme librement consultable, il est donc cité et non lié. Les tarifs d’arrière-saison des deux cas sont des hypothèses de démonstration : aucune donnée publique ne les mesure.
Une autre page de ce site recommande encore une réserve de trésorerie de six mois de charges fixes. La valeur retenue pour l’ensemble du site est de trois mois, alignée sur le seuil d’alerte du tableau de suivi ; la reprise de cette page est engagée.
Foire aux questions
Comment recalculer soi-même un rendement annoncé ?
Reprenez le pourcentage affiché et cherchez les deux postes qui manquent presque toujours. Le premier est le dénominateur : un rendement se divise par le coût total d’acquisition, transport, installation, raccordements, mobilier et frais compris, jamais par le seul prix de l’hébergement. Le second est la provision de renouvellement.
L’effet est mesurable sur le cas 1 de cette page. En retirant la provision de 1 400 €, le résultat de l’année moyenne passe de 1 016 à 2 416 €, et le rendement affiché de 3,4 à 8,1 %. Rien d’autre n’a changé. Le pilier Investissement liste les cinq éléments à réclamer pour qu’un pourcentage devienne comparable d’un dossier à l’autre.
Comment fixer les hypothèses du scénario difficile ?
Demandez au parc l’historique d’occupation des cinq derniers exercices et retenez l’année la plus basse. Beaucoup de domaines le communiquent ; un refus est en soi une information.
À défaut d’historique, descendez l’occupation de juillet et août à 55 ou 60 %, nettement sous le plancher de 70 % de la fourchette que nous observons, et baissez les tarifs d’arrière-saison. Le repère de contrôle est simple : dans un scénario difficile, l’occupation annuelle sort par le bas de la fourchette de votre zone, soit moins de 25 % sur le littoral et moins de 15 % en zone rurale.
Où la décote du bien entre-t-elle dans ces scénarios ?
À deux endroits, et jamais au même moment. Dans le tableau annuel, elle entre par la provision de renouvellement, qui est sa traduction en trésorerie : vous mettez de côté chaque année ce que la perte de valeur vous coûtera le jour du remplacement. C’est pour cela que la provision figure dans les charges fixes des deux cas.
Elle se règle ensuite en une seule fois, au moment de la revente, sur le prix de cession. Les barèmes applicables au mobil-home et au chalet et le moment où la sortie devient favorable sont traités par notre page consacrée à la durée de détention.
Un projet en parc résidentiel de loisirs peut-il être déficitaire en année moyenne ?
Oui, et le second cas de cette page le montre : dix semaines louées à un tarif d’intérieur des terres ne couvrent pas la provision de renouvellement d’un chalet, et l’année moyenne se solde par un déficit d’un peu plus de 400 € avant impôt.
Un déficit d’exploitation ne condamne pas le projet, à une condition : savoir ce qui le compense. Ici, le foncier conservé, qui ne se déprécie pas comme un hébergement, et l’usage personnel, qui revient à environ 109 € la nuit une fois l’impôt payé. Ce qui se décide avant de signer, c’est de savoir si ces deux contreparties vous suffisent.
Quel scénario présenter à sa banque ?
Les trois, avec leurs hypothèses détaillées. Un dossier qui ne présente que le scénario favorable se lit comme un dossier qui n’a pas été testé, et le conseiller refera le calcul de toute façon.
Préparez surtout le chiffre que le stress test produit et qu’aucun prévisionnel ne donne : le cumul de deux années difficiles consécutives, 2 714 € pour le cas 1 et 4 738 € pour le cas 2. C’est l’épargne disponible à montrer, en plus de la réserve de trésorerie courante. Nous ne publions pas de règle de décote bancaire sur les revenus prévisionnels : les pratiques varient d’un établissement à l’autre et nous n’en avons pas de mesure.