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Qui loue un hébergement en parc résidentiel de loisirs encaisse l’essentiel de ses recettes en quelques semaines et paie ses charges douze mois sur douze. Tout le monde le sait, mais les chiffres que l’on lit pour le décrire, « 60 à 80 % du chiffre d’affaires sur douze à seize semaines », « 800 à 1 200 € la semaine d’août », ne reposent sur rien : aucune statistique publique ne mesure la location en PRL, l’INSEE écartant de son enquête les établissements qui n’ont que des emplacements résidentiels. Cette page donne ce qui se mesure réellement, dans les campings voisins et dans le calendrier, puis ce que cela implique pour votre trésorerie et pour l’usage de votre propre bien. Elle complète nos trois scénarios chiffrés, qui font tourner ces semaines en euros, et la page revenus et lignes de coûts de la location.
Ce que les campings mesurent, à défaut des PRL
L’INSEE enquête chaque année sur les campings d’avril à septembre. En 2025, les 6 678 campings recensés ont enregistré 147,6 millions de nuitées sur ces six mois, dont 87,6 millions sur des emplacements équipés d’un hébergement, mobil-home ou chalet, qui sont les plus proches de ce que loue un propriétaire en PRL. Le taux d’occupation de ces emplacements équipés a été de 51,6 % sur la saison, contre 37,3 % pour les emplacements nus. Sur la même année, les quatre mois de mai à août ont totalisé 124,9 millions de nuitées : avril et septembre réunis pèsent donc 15 % de la saison, mai à août 85 %. L’INSEE n’isole pas juillet et août au niveau national, mais une déclinaison régionale le fait : en Normandie, août 2025 a capté à lui seul 32,1 % des nuitées de la saison et juillet a dépassé 1,5 million de nuitées sur un total de 5,8 millions, soit près de six nuitées sur dix pour les deux mois d’été. Hors saison, enfin, la dernière étude nationale détaillée de l’INSEE, sur les données 2016, situait la fréquentation d’octobre à avril à environ 9 % de l’année.
Ces chiffres décrivent des campings, avec leur clientèle de passage, leurs emplacements nus et leurs campings-cars ; un propriétaire qui loue son mobil-home à la semaine fera plus concentré encore, parce que sa clientèle est familiale et qu’il ne vend pas de nuitée isolée au randonneur d’avril. C’est ce que retiennent nos scénarios, où juillet et août pèsent 55 à 70 % des recettes selon le parc : un ordre de grandeur issu de notre registre de valeurs, observé et non mesuré, que vous remplacerez par votre propre historique dès la deuxième saison.
Le calendrier qui fait la saison
La haute saison d’un hébergement familial n’est pas une donnée climatique, c’est un calendrier administratif : celui des vacances scolaires, publié chaque année par le ministère de l’Éducation nationale. Pour l’été 2027, les classes s’arrêtent le samedi 3 juillet dans toutes les zones et reprennent à la rentrée de septembre : c’est la fenêtre dans laquelle tiennent les huit à neuf semaines commercialisables de nos scénarios. Autour d’elle, les petites vacances sont zonées, et c’est là que se joue l’arrière-saison : les vacances de printemps 2027 s’étalent du 3 avril au 3 mai selon la zone, celles d’hiver du 6 février au 8 mars, la Toussaint 2026 va du 17 octobre au 2 novembre pour tout le monde, et le vendredi 7 mai 2027 est libéré pour le pont de l’Ascension. Un hébergement situé dans une région qui attire les familles de la zone C, les académies de Paris, Créteil, Versailles, Toulouse et Montpellier, n’a pas le même calendrier utile qu’un hébergement qui dépend de la zone B, qui compte Nantes, Rennes, Lille ou Normandie.
| Période | Dates | Ce que cela permet |
|---|---|---|
| Toussaint 2026 | Du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre, toutes zones | Deux semaines de courts séjours, si le parc est ouvert et l’hébergement chauffé |
| Hiver 2027 | Du 6 février au 8 mars selon la zone (C, puis A, puis B) | Montagne et parcs ouverts l’hiver seulement |
| Printemps 2027 | Du 3 avril au 3 mai selon la zone (C, puis A, puis B) | Quatre semaines où une zone au moins est en vacances : ouverture de saison |
| Pont de l’Ascension | Vendredi 7 mai 2027 libéré | Un week-end de quatre jours |
| Été 2027 | À partir du samedi 3 juillet, toutes zones | Les huit à neuf semaines qui font l’année |
Le calendrier du parc compte autant que celui de l’école. Sous régime hôtelier, les dates d’ouverture sont celles du contrat d’emplacement et du règlement ; en parc à cession, la parcelle est à vous toute l’année mais le règlement de l’association peut fermer certains équipements hors saison, et la résidence principale reste interdite. Une semaine de Toussaint ne se loue pas si l’eau est coupée le 15 octobre. Ce point se vérifie avant d’acheter, avec les questions à poser à l’exploitant.
La trésorerie : des charges mensuelles, des recettes estivales
Redevance ou cotisation d’association, assurance, taxes, provision de renouvellement : les charges fixes d’un bien en PRL sont dues quelle que soit l’occupation, et leur calendrier est écrit. Les appels de fonds d’une association syndicale tombent aux dates fixées par ses statuts ou votées en assemblée, la redevance d’un parc hôtelier aux échéances du contrat, la taxe foncière et la cotisation foncière des entreprises à l’automne. En face, les recettes arrivent pour l’essentiel entre juin et septembre, les plateformes et les locataires en direct payant au séjour. Le creux se situe donc entre le début de l’année et le mois de juin, quand plusieurs échéances sont passées et qu’aucune location n’est encore encaissée.
La réserve à constituer n’est pas un nombre de mois tiré d’un chapeau : c’est la somme des échéances qui tombent entre votre dernière recette de l’année et votre première recette de l’année suivante, lue sur vos propres appels de fonds et vos propres avis d’imposition. Pour la plupart des propriétaires, cela revient à mettre de côté, à la fin de l’été, de quoi payer l’hiver et le printemps. Ce que couvrent ces charges et ce qui les fait monter est détaillé sur redevance et charges en PRL, et la façon de les suivre mois par mois sur le tableau de suivi.
Allonger la saison : ce qui dépend de vous, et ce qui n’en dépend pas
Trois choses allongent réellement la période louable, et aucune ne se chiffre à l’avance. La première est l’ouverture du parc, qui ne dépend pas de vous : un parc fermé ou aux équipements coupés d’octobre à avril borne votre saison, quel que soit votre hébergement. La deuxième est l’hébergement lui-même : un mobil-home ou un chalet isolé et chauffé se loue aux vacances de Toussaint et de printemps là où un modèle d’été ne se loue pas, et ce qu’il faut vérifier sur une fiche technique est décrit sur isolation quatre saisons. La troisième est la façon de vendre : accepter des séjours de deux à quatre nuits autour des ponts et des petites vacances, publier des photos de mi-saison, viser des clientèles sans enfants scolarisés. Chaque nuitée vendue est soumise à la taxe de séjour lorsque la commune l’a instituée, que vous collectez ou que la plateforme collecte pour vous, et dont le détail est sur taxe de séjour et taxes locales.
Le surcoût d’un hébergement conçu pour l’hiver et le nombre de semaines qu’il vous fera gagner ne se lisent dans aucune statistique. Ils se calculent pour votre parc, avec le devis du fabricant d’un côté et, de l’autre, les dates d’ouverture du parc et les tarifs d’arrière-saison constatés sur les annonces comparables. Si le parc ferme à la Toussaint, l’isolation renforcée vous servira pour votre confort, pas pour vos recettes.
Vos propres semaines
Chaque semaine d’été que vous occupez vous-même est une semaine au tarif le plus élevé qui ne sera pas louée. Ce n’est pas une faute, c’est un choix, et il se chiffre avec votre tarif, pas avec le nôtre : votre prix de la semaine de haute saison, multiplié par le nombre de semaines que vous gardez, est le coût de votre usage. Beaucoup de propriétaires le réduisent en réservant leur séjour aux ponts de mai, à la dernière semaine de juin ou à la première quinzaine de septembre, quand le parc est ouvert, la météo souvent clémente et la demande plus faible. D’autres préfèrent l’août en famille et louent moins : les deux se défendent, à condition que le calcul de rentabilité ait été fait avec les semaines réellement louées, ce que montre notre page calculer la rentabilité réelle.
Sources
- INSEE, Parc et fréquentation des campings, données annuelles 2025 (avril à septembre), parution du 23 juillet 2026
- INSEE Focus n° 363, Saison touristique d’été 2025 (mai à août), 124,9 millions de nuitées dans les campings
- INSEE Focus n° 387, Saison touristique d’été 2026, parution du 29 septembre 2026
- INSEE Première n° 1649, Les campings : un confort accru, une fréquentation en hausse, 22 mai 2017 (données 2016)
- INSEE Normandie et CRT Normandie, Bilan 2025 de la fréquentation dans l’hôtellerie de plein air, janvier 2026
- Ministère de l’Éducation nationale, calendrier scolaire 2026-2027 et zones A, B, C
- Entreprendre.service-public.fr, taxe de séjour, fiche vérifiée le 1er janvier 2026
Le champ de l’enquête de l’INSEE exclut les établissements ne comportant que des emplacements résidentiels : les chiffres cités décrivent les campings et servent d’ordre de grandeur, pas de mesure du PRL. La part de juillet et août dans les recettes retenue par nos scénarios (55 à 70 %) vient du registre des valeurs de Mon PRL, établi sur observation. Page relue le 13 octobre 2026.
Foire aux questions
Un PRL est-il ouvert toute l'année ?
Cela dépend du parc, et c’est écrit. Sous régime hôtelier, les dates d’ouverture sont fixées par le contrat d’emplacement et le règlement de l’exploitant. En parc à cession, la parcelle vous appartient toute l’année, mais le règlement de l’association peut fermer certains équipements ou couper l’eau hors saison, et la résidence principale reste interdite. Demandez les dates d’ouverture et les coupures de réseaux par écrit avant d’acheter.
Peut-on louer un mobil-home en hiver ?
Seulement si le parc est ouvert et l’hébergement conçu pour cela : isolation, chauffage, réseaux protégés du gel. La demande hivernale n’est mesurée nulle part pour les PRL ; dans les campings, l’INSEE situait la fréquentation d’octobre à avril à environ 9 % de l’année sur les données 2016. Hors montagne, comptez sur les vacances de Toussaint et d’hiver plutôt que sur l’hiver entier.
Comment fixer les tarifs entre haute et basse saison ?
Aucun rapport type n’existe entre les deux : relevez les tarifs des annonces comparables de votre parc et des parcs voisins, période par période, et ajustez en cours de saison selon ce qui se remplit. L’objectif n’est pas le tarif le plus haut mais la recette totale, tarif multiplié par semaines louées. Nos scénarios chiffrés donnent la méthode avec des hypothèses d’arrière-saison explicitement posées comme telles.
Les plateformes de location aident-elles à lisser la saisonnalité ?
Elles aident à vendre des séjours courts autour des ponts et des petites vacances, parce que la demande y cherche deux à quatre nuits plutôt qu’une semaine, et leurs calendriers rendent ces créneaux visibles. La contrepartie est la commission, qui dépend de la plateforme et du modèle choisi et qui doit entrer dans votre calcul ligne par ligne. Notre page sur la location par plateforme en détaille les règles.
La saisonnalité est-elle la même dans toutes les régions ?
Non. En 2026, les campings du littoral ont enregistré 69,7 millions de nuitées de mai à août contre 22,8 millions en montagne, selon l’INSEE ; le littoral concentre la saison sur l’été, la montagne connaît deux saisons quand le parc reste ouvert l’hiver, et les régions de patrimoine ou thermales attirent une clientèle de mi-saison. Le calendrier des zones scolaires qui alimentent votre région compte autant que le climat.